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Le programme des 1000 km de route solaire est lancé !

La ministre en charge de l’énergie Ségolène Royal a lancé ce lundi 21 mars le programme des 1000 km de route solaire en France annoncé pendant la COP 21 (voir notre article) lors de la pose de la première dalle d’une expérimentation sur 15 m2 dans la cour du centre d’entretien et d’intervention (CEI) des routes Méditerranée à Clérissy, près de Marseille. L’électricité produite servira à alimenter un bâtiment basse consommation de ce CEI. Le programme suscite toutefois de nombreuses critiques qui en questionnent l’utilité, la fiabilité et le coût.

Les critiques se résument aisément : une route solaire représente un coût d’investissement d’au moins 6 €/Wc du fait des techniques d’intégration dans le revêtement routier, chiffre à comparer à une moyenne d’à peine plus de 0,80 €/Wc pour les centrales PV au sol lors des derniers appels d’offres en France ; le rendement de production est nettement réduit à cause de l’utilisation de la route et de la chaleur inhérente à l’intégration du PV dans un environnement qui va forcément monter en température ; et la durée de vie des produits PV est divisée par 2 voire 3 comparé à du PV conventionnel, entre autres à cause des contraintes auxquelles les cellules solaires sont soumises.

Aux Pays-Bas, l’expérimentation SolaRoad porte sur une piste cyclable solaire installée depuis 2014 dans la banlieue d’Amsterdam et donne des résultats mitigés : 3 millions d’euros ont été investis pour réaliser 70 mètres de piste cyclable solaire, qui affiche un rendement inférieur de 30%, voire de près de 50% selon les sources, comparé à la même surface PV en toiture (qui coûterait jusqu’à 10 fois moins). Une comparaison exacte, à puissance égale au m2, n’est disponible. Aux États-Unis, la société Solar Rodways travaille pour sa part à un concept d’intégration de cellules solaires dans le revêtement routier depuis plusieurs années, mais sans arriver à l’industrialiser malgré d’importantes levées de fonds, y compris du capital risque et du financement citoyen. Récemment, la société d’études de marché IDTechEx n’a, elle, pas hésité à surfer sur l’annonce française en avançant que la route solaire pourrait sembler « une idée dingue, coûteuse et au fonctionnement peu plausible mais uniquement au premier coup d’œil car la plupart des problèmes et défis soulevés sont faciles à résoudre et même un faible rendement en termes de production d’électricité ne devrait pas empêcher de recourir à cette technologie. »

Pour en savoir plus sur les estimations d’IDTechEx, cliquer ici , pour des analyses plus techniques sur route solaire, cliquer par exemple, ici ou encore ici

Malgré tout cela, la France persiste et signe

Colas-210316Le programme dévoilé lors de la COP 21 et lancé ce 21 mars se base sur la technologie Wattway* de Colas (pour des détails sur le procédé, voir notre article) et prévoit trois étapes : d’abord des tests sur des petites surfaces de 20 à 50 m2 avec circulation réduite et sur des surfaces de taille moyenne de 100 à 150 m2 avec un trafic poids lourd ; ensuite des tests sur des surfaces plus importantes en conditions réelles de circulation routière et d’utilisation de l’électricité produite ; et enfin la réalisation des 1000 km de route solaire. En parallèle, la ministre a annoncé une aide financière de 5 millions d’euros pour les porteurs de projets de routes et de parkings solaires. Ceci en guise d’accompagnement et de soutien par le plan d’investissement d’avenir (PIA) pour la réalisation des derniers tests opérationnels des technologies qu’ils développent pour d’autres fonctions, comme par exemple la récupération de chaleur. Pour cela, un appel à propositions devrait être lancé et un cadre réglementaire de déploiement de la route solaire mis sur la table. Lors de l’annonce du programme en décembre dernier, il était aussi question de la mise au point d’un démonstrateur de la route positive du futur récupératrice de chaleur d’ici début 2017 ; sa réalisation s’appuierait sur une convention entre le ministère, l’IFSTTAR, le conseil départemental de Seine-et-Marne et l’industrie routière. L’industrialisation des nouveaux procédés technologiques et le déploiement en France se ferait ensuite à partir de 2017 pour atteindre d’ici 5 ans l’objectif de 1 000 km de routes à énergie positive.

*Le procédé Wattway de la société Colas a déjà fait l’objet de tests (freinage, fatigue…) pour assurer sa compatibilité avec une utilisation sur une chaussée. L’utilisation de la cour du centre d’entretien et d’intervention de la direction interdépartementale des routes Méditerranée à Clérissy permettrait de tester la réaction du produit dans un endroit non ouvert au public mais fortement sollicité par le trafic de poids lourds. Le ministère estime que cette expérimentation confortera la fiabilité du produit.

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