Sous l’ombrière agrivoltaïque de TSE à Chadeleuf, l’orge conserve 96% de son rendement et gagne en qualité
TSE publie les résultats 2026 du suivi agronomique de son ombrière sur grandes cultures de Chadeleuf, dans le Puy-de-Dôme, inaugurée le 1er octobre 2025. Après une première année d’exploitation, l’orge d’hiver fourragère moissonnée fin juin a atteint 96% du rendement de la parcelle témoin sans panneaux avec le mode de pilotage le plus favorable à la culture, et le poids spécifique du grain a progressé de 3%.
Le démonstrateur de 0,76 hectare est exploité par Hervé Malgat. La récolte a été réalisée par Antédis avec une moissonneuse-batteuse d’expérimentation, et le suivi agronomique confié à la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme et au CETA de Limagne, afin, selon TSE, de disposer de résultats non contestables. Le site est équipé de 18 capteurs de rayonnement, de 14 stations météorologiques et de 14 sondes de température et d’humidité du sol. Il a fourni 364 MWh d’électricité sur l’année, soit la consommation annuelle de 160 foyers.
Les trackers alternent des phases de production solaire et des phases de pilotage agronomique selon deux méthodes, désignées d’après la nomenclature Palier de l’ADEME. Avec le pilotage « engagé », qui n’intervient qu’à quelques moments clés du développement de la plante, le rendement atteint 90% de celui de la zone témoin. Avec le pilotage « robuste », qui alterne davantage entre production et agronomie, il atteint 96%, et la baisse du stress thermique sous l’ombrière améliore la qualité du grain, dont le poids spécifique dépasse de 3% celui du témoin et se situe au-dessus de la moyenne du bassin auvergnat. Dans les deux cas, les exigences du décret du 8 avril 2024 relatif au développement de l’agrivoltaïsme sont tenues, indique l’entreprise, dans une saison marquée par des températures élevées dès le mois de mai.
« Ces résultats montrent que l’agrivoltaïsme peut remplir son rôle : partager la lumière entre la production agricole et la production d’électricité, y compris dans un contexte de stress hydrique important. L’expérimentation menée à Chadeleuf confirme qu’un pilotage précis et méthodique permet d’obtenir un résultat optimal tant sur la production photovoltaïque que sur la culture ; il faut poursuivre pour encore optimiser ces résultats, et c’est bien l’objet du programme d’expérimentation dans lequel TSE investit », explique Frédéric Imbert, directeur R&D agronomie de TSE.
Une évapotranspiration réduite d’un cinquième sur la saison
Sur l’ensemble de la saison, l’évapotranspiration a diminué de 20% sous l’ombrière. L’effet est plus marqué pendant les épisodes de forte chaleur : la température de l’air au niveau des cultures a baissé de 4,1 °C au plus chaud de la journée et l’évapotranspiration de 2,15 mm par jour. À l’inverse, les nuits les plus froides sont jusqu’à 3 °C plus douces, ce qui réduit l’amplitude thermique journalière d’environ 1,5 °C en moyenne sur l’année sous la canopée agricole de Brouchy, dans la Somme, mesurée en 2025 et 2026, avec des effets semblables observés à Chadeleuf en 2026.
« Je suis très satisfait de cette première année, tant au niveau de la coactivité que des résultats et des relations avec l’entreprise TSE. Au vu des résultats de la première année, l’agrivoltaïsme semble être une solution d’avenir », déclare Hervé Malgat, exploitant agricole à Chadeleuf.
Des bovins plus longtemps au pâturage dans le Calvados
Sous la canopée de Souleuvre-en-Bocage, dans le Calvados, la prairie témoin s’est avérée improductive et desséchée à partir de juillet 2026, alors que la prairie protégée continuait à produire et restait verte fin août. Lors des fortes chaleurs, les vaches de la zone témoin regagnent le bâtiment dès 9h30, celles qui bénéficient de l’ombre de la canopée restent au pâturage jusqu’à midi, l’heure habituelle de retour. « Nous nous sommes aperçus que passés 20 degrés, le troupeau témoin attend directement à la barrière pour rentrer dans le bâtiment contrairement au troupeau sous l’ombrière, qui lui souffre bien moins de la température », témoigne Yoann Bizet, exploitant agricole. Le fourrage récolté sous cette canopée en 2025 présentait une teneur en protéines supérieure de 15 à 47% à celle du témoin, selon la saison ; les résultats de 2026 seront publiés en octobre.
Sous la canopée d’Amance, en Haute-Saône, un maïs ensilage implanté le 25 avril 2026 a traversé un mois d’avril sans précipitation puis une floraison sous plus de 35 °C. Des problèmes de stérilité des épis sont apparus principalement sur la zone témoin, la culture a poussé en moyenne 40 cm plus haut sous la canopée (200 cm contre 160 cm) et le rendement en matière sèche y est supérieur de 19,6%. Les analyses de qualité sont en cours.
« Les résultats de suivi agronomique de nos démonstrateurs agrivoltaïques sont excellents. Ils sont le fruit d’investissement important en R&D technologique et agronomique et de la qualité du travail des agriculteurs avec nos équipes. L’agrivoltaïsme de TSE, ça marche ! Plus loin, je voudrais également souligner que nous nous sommes alignés, avec succès, sur les objectifs de la loi APER répondant ainsi aux exigences de l’Etat et aux besoins du monde agricole », affirme Mathieu Debonnet, président de TSE.
L’ombrière de Chadeleuf, première française sur grandes cultures à trackers pilotés, avait été inaugurée le 1er octobre 2025 avec un protocole d’expérimentation de neuf ans mené avec l’exploitant et la Chambre d’agriculture. TSE a depuis multiplié les accords avec des coopératives agricoles, Eureden en septembre 2025, Cérèsia en mars 2026 et Vivescia le 2 septembre dernier.
TSE est une entreprise 100% française, indépendante, fondée en 2016 et spécialisée dans le développement et la production d’énergie solaire, présente sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Autour de ses 16 bureaux en France, son parc en exploitation fournit l’équivalent de la consommation électrique de 350 000 habitants. L’entreprise a mis au point une canopée agricole et un système d’ombrières sur trackers, et a levé plus de 500 millions d’euros depuis 2023. Elle est membre fondateur du consortium Holosolis, qui construit une usine de panneaux photovoltaïques à Hambach, en Moselle.













LA SELECTION DES LECTEURS