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La bataille commerciale EU-Chine continue, mais sans les plus gros acteurs chinois …

Le prix minimum d’importation (MIP, pour Minimum Import Price) de panneaux photovoltaïques pour l’Europe négocié par les fabricants chinois avec Bruxelles à l’été 2013 n’a plus aucun sens. Ce prix minimum a en effet été maintenu à un niveau élevé – 0,56 €/W – alors que les prix de gros pratiqués sur les marchés mondiaux affichent désormais jusqu’à 20% de moins (voir également notre article). Suntech est le dernier fournisseur chinois en date à se retirer volontairement de l’accord. Auparavant, Trina Solar, Jinko Solar et enfin JA Solar avaient déjà pris la décision de s’en affranchir. Ceci tout en continuant à importer sur les marchés européens des produits assemblés hors Chine, à un prix évidemment inférieur !

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Photo : GEFCO Suisse

Le prix minimum d’importation avait été négocié et accepté par les fabricants chinois accusés de dumping sur les prix afin d’éviter le paiement de droits de douanes élevés et autres taxes compensatrices décidées en 2012, imposées sur les panneaux photovoltaïques intégrant des cellules solaires de provenance chinoise importés en Europe (voir notre article de 2013). De plus en plus d’acteurs européens, dont les membres de l’association professionnelle SolarPower Europe estiment cependant (depuis longtemps) que ce prix plancher est une aberration, et surtout qu’il ne reflète plus aucune réalité industrielle dans le contexte actuel. Même des fabricants européens seraient en effet capables de produire et de commercialiser des panneaux solaires à des prix inférieurs. Le 12 octobre dernier, SolarPower Europe dévoilait ainsi que 403 sociétés européennes, principalement des développeurs et/ou installateurs de centrales solaires, ont demandé aux autorités de Bruxelles de mettre fin aux mesures commerciales à l’encontre des produits PV chinois. Ceci sachant que la Commission européenne est actuellement en train de réexaminer ces mesures. L’organisation EU ProSun essentiellement menée par l’Allemand SolarWorld (à l’origine des premières plaintes déposées à Bruxelles), qui regroupe des fabricants de cellules solaires et assembleurs de panneaux PV d’Europe, n’est par contre pas du même avis que SolarPower Europe. Ses membres ont en outre obtenu récemment le soutien de quelque 150 installateurs de systèmes photovoltaïques, dont une liste a été présentée à la Commission européenne pour argumenter en faveur du maintien et de l’extension des mesures anti-dumping à l’encontre des entreprises chinoises et de leurs importations.

« Quelle est la raison d’être du prix plancher pour les modules chinois si n’importe quel fabricant est capable de fournir des modules à des prix nettement inférieurs à 50 c€/Wc sur le marché ? Le résultat de l’étude menée actuellement par Bruxelles [NDLR : sur l’opportunité de maintenir ou aménager des taxes douanières et/ou le MIP] sera publié en mars 2017. Peut-être que les autorités nous concocteront un nouveau prix plancher de 46 c€ pour tous les fabricants non européens ? Avec un accord qui sera de nouveau, à coup sûr, obsolète en un rien de temps du fait de l’évolution générale des prix à la baisse, due essentiellement à la surcapacité de production de panneaux solaires », soulignait aussi récemment Martin Schachinger, CEO de la plate-forme commerciale pvXchange (voir notre article).

Les plus grands acteurs chinois du PV ont donc décidé d’ignorer Bruxelles*. Leur argument : l’accord MIP limite leur développement (alors que d’autres fournisseurs asiatiques ne sont pas touchés). Accessoirement, il maintient aussi des prix élevés en Europe et freinerait ainsi, selon de nombreux experts, le déploiement du PV. Après s’être retiré de l’accord sino-européen dès fin 2015, Trina Solar honore aujourd’hui les commandes de ses clients européens avec des produits sortant d’une usine à Singapour. Les autres fabricants chinois qui se sont libéré de la contrainte du prix plancher devraient suivre une démarche identique, et s’éviteraient ainsi de façon tout à fait légale le paiement des droits de douanes. Le marché européen ne figure en outre plus parmi les marchés les plus porteurs pour les Chinois. Ces derniers ont en effet réorienté leurs efforts de marketing vers d’autres pays porteurs du Sud-Est asiatique et vers l’Inde, et accélèrent aussi leur développement avec des projets dans leur propre pays.

*Bruxelles avait de son côté également exclu de l’accord MIP un nombre de sociétés chinoises telles que Canadian Solar, ReneSola ou encore ET Solar (pour ne citer que les plus connues) après avoir constaté qu’elles contournaient l’accord d’une façon ou d’une autre.

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