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Le Maroc connecte les 160 MW de la 1ère tranche du site solaire d’Ouarzazate

Au Maroc, la première tranche du programme solaire Noor (« lumière » en arabe) vient d’entrer en service à Ghessate, près d’Ouarzazate : une centrale solaire thermodynamique (CSP) de 160 MWe – Noor I – a été inaugurée le 4 février dernier par le Roi Mohammed VI, avec notamment Ségolène Royal, ministre française en charge de l’énergie, ou encore Bertrand Piccard, initiateur de l’avion solaire SolarImpulse, à ses côtés. Les trois prochaines phases porteront la puissance du site à 580 MW.

Près de deux années de construction et quelque 640 millions d’euros d’investissements auront été nécessaires pour réaliser la centrale CSP Noor I avec l’installation, notamment, de 637000 héliostats sur une surface de 480 ha. Ces miroirs cylindro-paraboliques concentrent le rayonnement solaire pour chauffer de l’huile synthétique circulant dans des tuyaux sous-jacents à une température de 393°C, qui circule vers un bloc générateur pour y générer de la vapeur. Cette dernière alimente ensuite une turbine pour la production d’électricité. Le site comprend un système de stockage thermique de 3,5 heures à pleine puissance grâce à des réservoirs de sels fondus à température très élevée, qui génèreront la vapeur nécessaire pour alimenter la turbine en dehors des heures d’ensoleillement. La production annuelle est attendue à quelque 500 GWh.

Acciona-040216« Le complexe solaire Noor contribue au développement socio-économique et culturel de la région, au désenclavement de plusieurs villages avoisinants et à l’émergence de nouveaux produits touristiques », a précisé Mustapha Bakkoury, président du directoire de la Moroccan Agency for Solar Energy (MASEN), lors de l’inauguration. « La centrale Noor I a représenté jusqu’à 2000 employés sur site, dont 85% de marocains, et le contenu local en termes d’intégration industrielle (BTP, métallurgie, câblage) a dépassé 30%. »

Quatre centrales solaires pour 580 MW

Le complexe est situé à proximité d’Ouarzazate, dans le sud du pays, et comprendra, à terme, quatre centrales solaires. Avec 580 MW de puissance totale à terme, il constitue à ce jour le plus grand site solaire mondial, qui plus est multi-technologies. Noor II sera également une centrale CSP à miroirs cylindro-paraboliques mais de 200 MWe (810 millions d’euros, 680 ha), Noor III sera une tour solaire à concentration de 150 MWe avec près de 8 heures de stockage thermique (645 millions d’euros) et Noor IV une centrale photovoltaïque classique de 70 MW. Pour Noor I, II et III, les travaux de construction sont menés par un consortium industriel composé notamment des deux firmes espagnoles SENER et Acciona ainsi que de l’Allemand TSK. Les centrales Noor II et Noor III devraient être raccordées au réseau avant fin 2017. L’ensemble du programme Noor-Ouarzazate a obtenu le soutien financier de la banque allemande du développement KfW (Kreditanstalt für Wiederaufbau) dans le cadre de l’initiative internationale pour le climat des ministères de la coopération et de l’environnement d’outre-Rhin, aux côtés d’autres investisseurs tels que l’Union européenne, la banque africaine de développement AfDB ou encore l’Agence française de développement (AFD). Le budget total des quatre projets Noor atteindrait 2,2 milliards d’euros. La KfW a contribué à hauteur de 115 millions d’euros au projet Noor I (20%), elle sera le plus important contributeur financier pour les projets Noor II et III avec 654 millions d’euros et devrait encore mettre jusqu’à 95 millions d’euros dans le panier pour Noor IV.

Rappelons que le plan solaire marocain vise l’installation de 2 GW de centrales productrices d’électricité à partir de la lumière radiative du soleil d’ici 2020. Plus globalement, le pays s’est fixé pour objectif de porter à 42% la part des énergies renouvelables dans son bouquet énergétique d’ici 2020 et, annoncé par le roi du Maroc en décembre dernier à la COP21 à Paris, à 52% d’ici 2030. Ceci surtout avec le solaire et l’éolien. La capacité renouvelable additionnelle à réaliser sur la période 2016-2030 s’élèverait ainsi à plus de 10 GW pour quelque 26 milliards d’euros d’investissements. La société française Voltalia est par exemple présente au Maroc avec une filiale dédiée depuis avril 2015. Elle y est déjà positionnée sur des projets solaires et éoliens, et vient de déposer des demandes d’autorisations pour quatre projets de centrales hydroélectriques pour une puissance totale de 40 MW.

Le Maroc s’apprête par ailleurs à accueillir la Conférence de Marrakech (COP22) en décembre 2016.

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