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Reden ferme son usine de panneaux solaires dix-neuf mois après son inauguration

Reden ferme son usine de panneaux solaires dix-neuf mois après son inauguration

Le producteur d’énergie agenais a annoncé le 10 juillet la fermeture de Reden Industries, sa filiale d’assemblage de modules photovoltaïques à Roquefort, dans le Lot-et-Garonne. Neuf salariés sont concernés. L’outil de nouvelle génération qui s’arrête avait été inauguré en décembre 2024, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine et de l’Ademe, et le groupe l’avait précisément construit pour ne pas avoir à fermer l’usine. Avec cet arrêt, il ne reste plus qu’un seul fabricant de panneaux solaires en France, l’Alsacien Voltec Solar.

Reden met fin à son activité industrielle. Le producteur indépendant d’énergie, dont le siège est à Agen, a annoncé le 10 juillet, sans communiqué, la fermeture de Reden Industries, sa filiale chargée de l’assemblage de panneaux photovoltaïques à Roquefort. Neuf salariés sont concernés, et tous doivent faire l’objet d’une procédure de reclassement au sein du groupe.

La raison ? L’écart de compétitivité avec les fabricants chinois était devenu trop important.L’activité était structurellement déficitaire depuis plusieurs années, et les effectifs de l’usine avaient déjà été réduits progressivement.

La date de la fermeture donne la mesure du revers. L’usine de Roquefort produisait des modules depuis 2009, avec une capacité de 65 MW par an et une spécialité maison, les panneaux sur mesure destinés aux centrales à contraintes techniques, notamment les serres agrivoltaïques. Mais l’outil qui vient de s’arrêter, lui, n’a pas deux ans.

En mai 2023, Reden avait annoncé investir plusieurs millions d’euros dans une ligne neuve, capable de sortir 300 000 modules par an, soit environ 200 MW, contre 65 MW jusque-là. L’alternative était posée noir sur blanc à l’époque par Thierry Carcel, alors président du groupe : « Dans un marché aussi dynamique que le photovoltaïque, notre ligne de production serait à présent rapidement devenue obsolète. Nous étions par conséquent confrontés à deux alternatives : renforcer notre expertise en investissant dans un outil industriel de nouvelle génération, ou bientôt fermer l’usine ». Et le dirigeant alors de trancher : « Nous avons fait le choix de maintenir les emplois sur le territoire et de consolider notre position dans le secteur ».

La ligne a été inaugurée le 3 décembre 2024. Elle succédait à l’outil de production historique et devait produire l’équivalent de la consommation électrique de plus de 120 000 personnes, soit celle de l’agglomération agenaise. Le projet n’a pas été financé par le seul groupe.

« Au nom de toute l’équipe Reden, je tiens à remercier nos partenaires, notamment la Région de Nouvelle-Aquitaine, l’Ademe et les institutions financières, pour leur soutien à la réalisation de ce projet », déclarait alors Frank Demaille, p-dg de Reden, qui présentait l’usine comme un gage du « maintien du savoir-faire industriel français ». Dix-neuf mois plus tard, les machines s’arrêtent.

Le siège d’Agen, où travaillent environ 130 personnes, n’est pas menacé. « Rien n’est remis en cause. Le développement se poursuit », assure l’entreprise, qui prévoit même des recrutements sur certains postes clés. Reden concentre désormais ses moyens sur le développement, la construction et l’exploitation de projets solaires et de stockage. Le groupe, qui employait plus de 150 personnes en 2023, en compte aujourd’hui plus de 275, et sa capacité installée est passée de 940 MW à 1,1 GW sur la même période.

La fermeture s’inscrit dans une série. Photowatt, à Bourgoin-Jallieu (Isère), ancienne filiale d’EDF, a cessé son activité en janvier 2025 faute de repreneur. Le 19 mai 2026, Carbon a officiellement abandonné son projet de giga-usine à Fos-sur-Mer, qui devait produire dix millions de panneaux par an, mobiliser plus de 1,5 milliard d’euros et créer 3000 emplois directs. Ses porteurs invoquaient « l’absence, à ce stade, des conditions nécessaires à l’émergence d’un véritable marché photovoltaïque européen ».

Avec l’arrêt de Roquefort, l’Alsacien Voltec Solar, installé à Dinsheim-sur-Bruche, reste le seul fabricant français de panneaux photovoltaïques encore en activité industrielle.

Ligne d'assemblage de modules photovoltaïques de Reden à Roquefort, lors de son inauguration en décembre 2024
L’inauguration de la ligne de nouvelle génération de Roquefort, le 3 décembre 2024.

Reden est un producteur indépendant d’énergie couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur du solaire et du stockage : développement, financement, construction et exploitation. Fondé en 2008 en France, le groupe exploite 1,1 GW de capacité installée et s’appuie sur plus de 275 collaborateurs, avec une présence en France, en Espagne, au Portugal, en Italie et en Allemagne.

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