L’argent des panneaux en fin de vie pourrait couvrir jusqu’à 45% des besoins dans le solaire
Un rapport de l’IEA PVPS chiffre les besoins en métaux du photovoltaïque au silicium jusqu’en 2050 et ce que la récupération sur les modules usagés pourrait en couvrir. L’argent contenu dans les panneaux en fin de vie représenterait 30 à 45% de la demande cumulée du secteur entre 2025 et 2050.
L’étude, préparée au titre de la Task 12 du programme photovoltaïque de l’Agence internationale de l’énergie, modélise la demande de matériaux, les stocks en service et les flux de fin de vie pour des scénarios de déploiement allant de 29 à 75 TWc de capacité mondiale en 2050. Elle porte sur neuf matériaux : aluminium, cuivre, indium, plomb, silicium, argent, or, étain et zinc, en tenant compte des évolutions techniques, des gains d’efficacité matière et des substitutions possibles.
Le rythme de déploiement reste le premier facteur de la demande, mais les auteurs insistent sur deux leviers qui pèsent presque autant : les choix technologiques et la circularité. Pour l’argent, le remplacement progressif de la métallisation par des solutions à base de cuivre réduirait fortement les besoins. Pour l’indium, les technologies qui en dépendent devraient rester nettement sous 20% de part de marché pour qu’une production annuelle de photovoltaïque au silicium à l’échelle du térawatt reste compatible avec les ressources disponibles.
L’étain, le point de tension le moins attendu
C’est sur l’étain que le rapport pointe la contrainte la plus forte : la demande cumulée du photovoltaïque entre 2025 et 2050 représenterait 30 à 64% des réserves mondiales estimées, selon le scénario de déploiement retenu. À l’inverse, les modules arrivant en fin de vie constitueraient une source secondaire substantielle pour l’argent, à hauteur de 30 à 45% de la demande cumulée du secteur sur la même période, ce qui donne une valeur chiffrée à la récupération des matériaux sur les parcs déposés.
Ces travaux rejoignent les enjeux industriels du recyclage en Europe, où des acteurs comme Rosi développent des procédés de récupération du silicium et de l’argent de haute pureté. Le rapport complet est consultable sur le site du programme.

La Task 12 de l’IEA PVPS porte sur les aspects environnementaux et sociaux du photovoltaïque. Ses travaux soutiennent le développement de chaînes de valeur circulaires et l’amélioration des méthodes d’analyse de cycle de vie. Le programme photovoltaïque de l’Agence internationale de l’énergie a été créé en 1993 et fédère les administrations, les universités et les industriels de ses pays membres.














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