Soren cherche un opérateur français pour recycler les panneaux à couches minces
Soren, l’éco-organisme agréé pour la collecte et le traitement des panneaux photovoltaïques usagés en France, lance un appel à manifestation d’intérêt pour faire émerger sur le territoire une solution de traitement des modules à couches minces, en technologies CdTe et CIGS. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 21 octobre 2026, et un premier lot de 1300 tonnes de panneaux au tellurure de cadmium attend preneur.
L’éco-organisme recherche des acteurs capables de développer et de mettre en œuvre en France une filière de traitement pour ces deux technologies, le tellurure de cadmium et le cuivre indium gallium sélénium, une solution couvrant également le silicium amorphe étant présentée comme un atout supplémentaire. Les procédés proposés n’ont pas à être spécifiques au photovoltaïque, mais ils devront traiter des panneaux de différentes marques au sein d’une même technologie. Les opérateurs intéressés remplissent un formulaire de pré-enregistrement, et cette phase constitue un passage obligé : seuls les candidats de l’appel à manifestation d’intérêt répondant aux critères d’éligibilité pourront ensuite déposer un dossier à l’appel à projets, précise Soren.
Les couches minces sont une technologie minoritaire dans le parc français, largement dominé par le silicium cristallin, mais elles arrivent en fin de vie comme les autres et n’ont aujourd’hui aucun débouché industriel sur le territoire.
En mars 2026, Soren avait annoncé la sélection de six opérateurs industriels chargés du recyclage des modules en métropole et en outre-mer. Quatre traitent le silicium cristallin, Envie 2E Aquitaine à Saint-Loubès, Galloo France à Halluin, Rosi Alpes à La Mure et RVE à La Réunion ; Envie 2E Occitanie, à Portet-sur-Garonne, y ajoute le silicium amorphe. Le seul débouché retenu pour le tellurure de cadmium était First Solar, à Francfort-sur-l’Oder, en Allemagne, et aucun opérateur ne prenait le CIGS. L’appel à manifestation d’intérêt porte donc sur les deux technologies que la filière française ne traite pas chez elle.
Des gisements potentiels à traiter de près de 18 000 tonnes à l’horizon 2037
Les 1300 tonnes à prendre en charge en priorité, dès que la solution de traitement sera opérationnelle, portent la marque Calyxo. Le fabricant allemand, créé en 2005 par essaimage de Q Cells sur le site de Thalheim puis de Bitterfeld-Wolfen, en Saxe-Anhalt, était l’un des rares producteurs européens de modules au tellurure de cadmium à côté de First Solar. En 2016, il avait livré 17 MW de modules CdTe pour deux centrales solaires du sud de la France.
Calyxo avait déposé le bilan en avril 2018 après l’annulation d’une commande importante, alors qu’il employait 155 personnes. Repris le 1er juillet de la même année par la société d’investissement allemande TS Group, qui avait maintenu les emplois et relancé la production, il s’est de nouveau déclaré en cessation de paiements en janvier 2020, selon la presse allemande. Ses modules, eux, restent sur les toitures et dans les champs.
En 2026, Soren a mandaté une étude pour évaluer les gisements potentiels de panneaux photovoltaïques à prendre en charge en France et en Europe. Cette étude a été réalisée par l’Institut Becquerel sur la base d’une revue de littérature et d’entretiens menés auprès d’acteurs du secteur de panneaux photovoltaïques (fabricants modules, développeurs, gestionnaires des déchets de panneaux photovoltaïques, …). L’étude projette les volumes français à prendre en charge à 770 tonnes de CdTe en 2027, 2660 tonnes en 2030 et 15 000 tonnes en 2037. Pour le CIGS, ils s’établiraient à 430 tonnes, 1090 tonnes et 2900 tonnes aux mêmes échéances. A titre d’information, les gisements potentiels à l’échelle de l’Europe pourraient atteindre respectivement 38 150 tonnes pour le CdTe et 22 520 tonnes pour le CIGS à l’horizon 2037.
Soren est l’éco-organisme agréé par les pouvoirs publics pour la collecte et le traitement des panneaux photovoltaïques usagés en France. Il coordonne les parties prenantes de la filière, détenteurs, metteurs sur le marché, institutionnels, collectivités et opérateurs de l’économie circulaire, et œuvre à la structuration d’une filière photovoltaïque plus circulaire, en associant performances techniques, environnementales, économiques et sociales.













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