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Voltalia renonce à ses objectifs de bénéfice et son action chute de 17%

Voltalia renonce à ses objectifs de bénéfice et son action chute de 17%

Voltalia attend désormais une perte nette sur 2026, suspend son objectif de résultat positif pour 2027 et le dividende prévu en 2028. L’annonce a fait chuter le titre de 17% le jour même, alors que le plan de transformation SPRING affiche par ailleurs ses premiers effets et que l’excédent brut d’exploitation progresse de 35%.

Le producteur d’énergies renouvelables a publié le 3 septembre des comptes semestriels en apparence contradictoires. L’excédent brut d’exploitation atteint 110,3 millions d’euros, en hausse de 35% à taux de change constants, pour un chiffre d’affaires de 331,3 millions d’euros, en progression de 30%. Mais la perte nette part du groupe se creuse à 43,3 millions d’euros, contre 39,7 millions un an plus tôt, et le groupe a prévenu que l’exercice entier serait déficitaire, alors qu’il visait jusqu’ici un résultat net positif.

C’est cette révision qui a été sanctionnée, et non le semestre lui-même : l’action a perdu 17% dans la journée, à 5,39 euros. Le groupe suspend également son objectif de résultat net positif pour 2027 et le versement d’un dividende en 2028, faute de visibilité sur les conditions de réalisation des cessions prévues dans SPRING. Les objectifs d’excédent brut d’exploitation, eux, sont maintenus, entre 210 et 230 millions d’euros en 2026 et entre 300 et 325 millions en 2027.

Un an après son lancement, SPRING affiche des effets mesurables

Le plan de transformation lancé à l’été 2025 produit des résultats sur les coûts et l’organisation. Les coûts récurrents reculent de 16 millions d’euros par rapport au premier semestre 2025, dont 12 millions sur le développement et la prospection, et les coûts de développement baissent de 32%, à 31 millions d’euros. Sur les quelque 200 suppressions de postes prévues en 2026, soit 10% de l’effectif, 160 sont réalisées, dont une centaine en France, 40 au Brésil et 10 au Portugal et au Royaume-Uni. Le recentrage géographique se poursuit, avec des discussions en cours pour sortir de deux pays supplémentaires après les cinq identifiés en 2025, l’objectif étant de revenir à une douzaine d’implantations.

Dans sa présentation détaillée, le groupe chiffre l’avancement de chaque chantier : 80% pour l’optimisation des effectifs, 75% pour le recentrage du portefeuille, 70% pour l’amélioration de la performance et 60% pour les économies de coûts. Le programme de cessions, qui vise 300 à 350 millions d’euros, est présenté comme engagé, la majorité des processus étant lancée et les transactions attendues principalement au premier semestre 2027. L’organisation a par ailleurs été redécoupée : la filiale de services Renvolt est créée, et le développement et la vente d’énergie sont séparés en deux lignes distinctes, confiées depuis le 1er septembre à Félicie Moulard et à Amaury Neto.

Ce sont les postes situés sous l’excédent brut d’exploitation qui creusent la perte : des charges financières en hausse de 41%, à 48,6 millions d’euros, sous l’effet d’un endettement plus élevé et d’une dette indexée sur l’inflation au Brésil ; des dépréciations d’actifs brésiliens ; le poids d’activités déficitaires, en particulier Helexia Brésil ; et les coûts de la transformation elle-même, dont 6,5 millions d’euros pour le plan de sauvegarde de l’emploi en France. La dette financière atteint 2,6 milliards d’euros, en hausse de 5% depuis fin 2025, pour un ratio d’endettement net de 68%.

« Douze mois après son lancement, SPRING commence à produire des résultats opérationnels tangibles. L’amélioration de notre EBITDA, la baisse de nos coûts de développement, la simplification de notre organisation et la forte dynamique de Renvolt illustrent les premiers bénéfices de cette transformation. Nous anticipons toutefois désormais une perte nette sur l’exercice, reflétant principalement une hausse des charges financières plus importante qu’attendu, le poids de certaines activités déficitaires ainsi que les coûts de transformation engagés. Cette situation renforce la pertinence de SPRING », déclare Robert Klein, directeur général de Voltalia.

Le groupe avait annoncé en août un investissement pouvant atteindre 120 millions d’euros de la Société financière internationale dans sa filiale VMI, soumis à l’approbation de l’assemblée générale du 9 octobre.

La présentation détaillée des résultats est disponible sur le site de l’entreprise.

Acteur international des énergies renouvelables avec 1900 collaborateurs dans 15 pays sur 3 continents, Voltalia produit et vend de l’électricité issue de ses installations éoliennes, solaires, hydrauliques, biomasse et de stockage. Il dispose d’une puissance en exploitation et en construction de 3,6 GW, dont 3 GW en exploitation, et d’un portefeuille de projets en développement d’une capacité totale de 12 GW.

Tableau d'avancement du plan de transformation SPRING de Voltalia
L’avancement des chantiers du plan SPRING au 30 juin 2026. Crédit : Voltalia.

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