Le marché solaire européen a progressé de 1,9% au premier semestre, le marché français de 5% selon SolarPower Europe
Le marché solaire de l’Union européenne a installé au moins 33,8 GW au premier semestre 2026, soit 1,9% de plus que sur la même période de 2025, selon l’analyse de mi-année publiée par SolarPower Europe. Cette progression, portée par la remontée des prix des énergies fossiles, ne suffit pourtant pas à inverser la tendance : l’association attend toujours un léger recul du marché sur l’ensemble de l’année. Pour l’association européenne du photovoltaïque, malgré un soutien politique qui se dégrade, la France progresse quand l’Allemagne et l’Espagne reculent.
La croissance du semestre s’appuie sur le record de 2025, année où 69,6 GW avaient été raccordés dans l’Union. Elle contredit les attentes de l’association, qui anticipait un repli léger en 2025 puis un recul plus marqué en 2026. L’analyse porte sur les 14 pays dont les statistiques mensuelles étaient disponibles au 21 août, soit environ 85% du marché européen de l’an dernier, et ces chiffres sont susceptibles d’être révisés à la hausse.

Les cinq premiers marchés font les deux tiers des installations du semestre. L’Allemagne en représente 22%, l’Espagne 18%, la France 10%, l’Italie 9% et la Pologne 7%, le reste de l’Union se partageant 33%. Chacun des cinq a dépassé les 2 GW installés en six mois.

Les trajectoires divergent nettement à l’intérieur de ce peloton. L’Allemagne a installé 7,5 GW contre 7,8 un an plus tôt, et l’Espagne 5,9 GW contre 6,3, deux reculs que l’association juge susceptibles d’être révisés à la hausse à mesure que les enregistrements tardifs de projets entrent dans les statistiques officielles. La France progresse de 5%, à 3,5 GW contre 3,3, et conserve sa troisième place. L’Italie gagne 10%, à 3,1 GW, et la Pologne se détache avec une hausse de 39%, à près de 2,5 GW.

Ces volumes sont ceux de l’association, dont les données s’arrêtent au 21 août et proviennent de sources nationales de nature différente. Le tableau de bord du service statistique du ministère de la Transition écologique, publié le 4 septembre, recense pour sa part 3,0 GW raccordés en France au premier semestre, en hausse de 3,6%. Les deux comptages ne se recouvrent pas exactement et ne sont donc pas interchangeables.
Le rebond tient à la crise plus qu’aux politiques publiques
Le rapport attribue l’embellie à des facteurs extérieurs, la remontée des prix des énergies fossiles et les canicules, plutôt qu’à un environnement réglementaire qui ne s’est pas amélioré. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 1er mars, le photovoltaïque a produit 282 TWh dans l’Union et évité plus de 30 milliards d’euros d’importations de gaz destinées à la production d’électricité, soit environ 164 millions d’euros par jour. L’association évaluait ce compteur à 10 milliards d’euros fin mai, puis à 20 milliards fin juillet.
« La leçon de cet été ne pourrait pas être plus claire : quand les prix des énergies fossiles montent, quand les canicules frappent, quand l’Europe a besoin d’une énergie abordable et produite chez elle, le solaire répond présent. Pourtant, au lieu de renforcer les conditions d’une croissance du solaire, de nombreux gouvernements débranchent le soutien et accroissent l’incertitude. L’Europe ne devrait pas avoir besoin d’une crise énergétique pour justifier le solaire, et elle ne devrait certainement pas affaiblir les conditions de l’investissement solaire au beau milieu d’une crise. Les responsables politiques doivent maintenant se concentrer sur les fondamentaux : les réseaux, le stockage, la flexibilité et des cadres d’investissement stables », déclare Walburga Hemetsberger, directrice générale de SolarPower Europe.
La France citée parmi les marchés où le soutien recule
L’association nomme trois marchés dont l’environnement politique se dégrade, et la France en fait partie, pour avoir de nouveau réduit son soutien au solaire en toiture. En Tchéquie, la refonte du programme New Green Savings pèse sur la demande résidentielle. En Allemagne, un débat est ouvert sur des réformes qui réduiraient le soutien aux nouvelles installations en toiture à partir de 2027.
Le rapport pointe aussi la montée des contraintes d’intégration, désormais visibles sur plusieurs marchés : écrêtement en hausse, baisse des taux de captation de la production solaire, périodes de prix négatifs plus fréquentes et pics de prix marqués en soirée, faute d’investissements suffisants dans les réseaux et la flexibilité. Dans les conditions actuelles de marché et de réglementation, l’Union reste hors de la trajectoire qui lui permettrait d’atteindre son objectif solaire pour 2030.
SolarPower Europe est l’association européenne du photovoltaïque, qui réunit plus de 300 organisations sur l’ensemble de la chaîne de valeur solaire et s’est donné pour mission de faire du solaire la première source d’énergie du continent d’ici 2030.
Consulter l’analyse de mi-année de SolarPower Europe (PDF, 30 pages, en anglais).















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