326 lauréats et 300,2 MWc attribués pour la 12e période de l’appel d’offres « PPE2 PV Bâtiment »
La Commission de régulation de l’énergie a désigné 326 lauréats pour la 12e période de l’appel d’offres « PPE2 PV Bâtiment », représentant 300,2 MWc, soit tout juste le volume appelé. Le tarif moyen pondéré s’effondre à 82,98 €/MWh, en baisse de 13,5 €/MWh, soit 14%, par rapport à la période précédente. Une chute qui s’explique par une sursouscription inédite : les candidats ont déposé 5,2 fois le volume disponible.
Dans sa délibération du 11 juin 2026, publiée le 7 juillet, la CRE détaille les résultats de cette période close le 30 avril. Sur 1221 plis déposés, 1159 dossiers ont été retenus pour l’analyse une fois écartés les doublons et les plis vides, pour une puissance cumulée de 1559,28 MWc. La régulateur propose d’en retenir 326, pour 300,23 MWc, quand 300 MWc étaient appelés.
À 82,98 €/MWh, le tarif moyen pondéré tombe à son plus bas niveau depuis octobre 2021. Il était de 96,48 €/MWh à la 11e période, en juillet 2025.
Les petits projets ont envahi l’appel d’offres
La CRE avance plusieurs explications à cette sursouscription. D’abord, aucune période de l’AO Bâtiment ne s’était tenue pendant neuf mois, la 11e remontant à juillet 2025. Ensuite et surtout, les modalités de soutien aux installations sur bâtiment de 100 à 500 kWc ont fortement évolué depuis mars 2025, avec la modification de l’arrêté tarifaire S21 puis le lancement de l’appel d’offres « Petit PV », dont la seconde période n’a été confirmée que tardivement, pour juillet 2026.
Résultat, les projets de moins de 1 MWc ont afflué : ils représentent 807 dossiers, soit 70% des dépôts, contre 50% à la 11e période et seulement 23% à la 10e. Parmi eux, 483 affichent une puissance inférieure à 600 kWc, soit tout juste au-dessus du seuil d’éligibilité de 500 kWc. La CRE y voit le signe que des installations ont pu adapter leur puissance pour candidater à cet appel d’offres, faute de visibilité sur le « Petit PV ». Sur les 326 lauréats, 265 font moins de 1 MWc.
Arkolia en tête, les grands projets en voie de disparition
Selon l’analyse publiée le 9 juillet par Finergreen, 55 développeurs se partagent les 300,2 MWc attribués, dont 22 avec moins de 1 MWc chacun. La société de conseil ne recense plus que quatre projets de plus de 5 MWc, contre dix-sept à la 11e période.
Arkolia arrive en tête avec 46,9 MWc obtenus sur 75 projets, soit 16% du volume attribué. Suivent Mexens, l’ancien Technique Solaire, avec 33,6 MWc, et Diméo Energie avec 32,3 MWc. Silosun (28,2 MWc), SeeYouSun (20,1 MWc) et Girasole Energies (18,9 MWc) complètent le haut du classement. Sur l’ensemble des périodes du PPE2, Urbasolar reste le premier lauréat cumulé avec 366 MWc, devant Mexens (297 MWc) et GreenYellow (208 MWc).
La Nouvelle-Aquitaine toujours en tête
Toutes les régions sauf la Corse comptent au moins un lauréat. La Nouvelle-Aquitaine conserve la première place avec 66,3 MWc répartis sur 67 projets, devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (53,1 MWc pour 64 projets) et l’Occitanie (44,4 MWc). Les régions du Sud renforcent leur poids et concentrent 59% de la puissance attribuée, contre 51% à la période précédente. La Normandie affiche le meilleur ratio de puissance par projet, à 1,4 MWc contre 0,9 MWc en moyenne.
Aucune serre agrivoltaïque retenue
La typologie des dossiers révèle de fortes disparités. Les projets sur bâtiments, les plus nombreux avec 657 dossiers, affichent un taux de réussite d’environ 35% avec 227 lauréats. Les ombrières de parking, elles, ne décrochent que 19 places sur 178 candidatures, soit 11%, alors que 132 de ces projets déclaraient répondre à une obligation de solarisation. Les ombrières agrivoltaïques obtiennent 12 lauréats sur 78 dossiers. Quant aux 31 projets de serres agrivoltaïques, aucun n’est retenu : leur prix moyen pondéré, à 93,78 €/MWh, était le plus élevé de la période.
Nouveauté de cette période, les projets peuvent désormais participer sans limitation à des opérations d’autoconsommation individuelle ou collective. Un dossier déposé sur cinq déclare le faire, dont 19% en autoconsommation collective.
La CRE propose de rebattre les cartes entre appels d’offres
Tirant les leçons de cette période, le régulateur suggère de revoir l’articulation entre les dispositifs. Il estime qu’il pourrait être envisagé d’élargir le périmètre de l’AO « Petit PV » à l’ensemble des projets de 100 kWc à 1 MWc, et de relever en conséquence à 1 MWc le seuil d’entrée des grands appels d’offres PV Sol et PV Bâtiment. Son argument : les installations de 500 kWc à 1 MWc ressemblent davantage, par leurs caractéristiques techniques et leurs coûts de raccordement, au segment 100-500 kWc qu’aux installations plus grandes.
La CRE recommande par ailleurs de publier un calendrier des prochaines périodes pour donner de la visibilité à la filière, et d’harmoniser les cahiers des charges des appels d’offres photovoltaïques sur le critère de résilience de l’approvisionnement, introduit en application du règlement européen NZIA dans l’AO « Petit PV » et l’AO PV Sol à partir de leurs prochaines périodes, en juillet 2026.
Le coût du dispositif pour les finances publiques dépendra de l’évolution des prix de gros. Sur les vingt années des contrats de complément de rémunération, la CRE l’estime à 213 millions d’euros dans un scénario de prix de l’électricité à 50 €/MWh en 2030, à 131 millions d’euros à 70 €/MWh, et à 29 millions d’euros à 95 €/MWh.

















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