Injection photovoltaïque record au premier semestre en Allemagne et dans l’Union européenne
Selon le bilan semestriel du Fraunhofer ISE, établi à partir de la plateforme energy-charts.info, les énergies renouvelables ont assuré 61,8% de la production électrique nette publique de l’Allemagne au premier semestre 2026. L’injection photovoltaïque sur le réseau a atteint un record de 43,2 TWh, en hausse de 10% sur un an, et l’injection solaire a également atteint un niveau record à l’échelle de l’Union européenne, en progression de 254% depuis 2015.
Records éolien et solaire
L’éolien en mer a produit 14,6 TWh, un record (11,4 TWh au premier semestre 2025), et l’éolien terrestre 52,8 TWh (48,7 TWh), portant la part de l’éolien à 30% de la production nette publique outre-Rhin. Le photovoltaïque a injecté 43,2 TWh, contre 39,3 TWh un an plus tôt. L’hydraulique recule à 7,8 TWh, son plus bas niveau depuis 2015, et la biomasse à 17,9 TWh. La production fossile (gaz, lignite, houille) progresse de 6% à 78,6 TWh. La part des renouvelables dans la charge (consommation et pertes de transport) grimpe de 55% à 58,5%, un record. Grâce à cette production, le solde importateur du pays est tombé à 1,3 TWh, contre 9,6 TWh au premier semestre 2025.
Prix négatifs et « déficit de stockage »
La forte production éolienne et solaire multiplie les heures à prix spot négatifs ou proches de zéro : de plus en plus d’installations en vente directe, privées de soutien en cas de prix négatifs, s’effacent lorsque les prix approchent zéro. La capacité de stockage installée est passée de 25,4 à 29,6 GWh au premier semestre, davantage de grandes batteries ayant été mises en service en six mois que sur toute l’année 2025. Le Fraunhofer ISE pointe néanmoins un « déficit de stockage » encore net pour déplacer les excédents vers les heures de faible production, alors que la canicule de juin, combinant besoin de climatisation et moindre disponibilité des centrales conventionnelles, a provoqué de fortes pointes de prix en soirée.
Un parc photovoltaïque de 124,8 GWc
Le parc solaire allemand s’est étoffé de près de 7 GWc au premier semestre : 2,1 GWc de systèmes en toiture jusqu’à 30 kWc, 1,1 GWc d’installations sur bâtiment jusqu’à 1 MWc et 3,6 GWc de centrales au sol, portant la puissance totale installée de 117,9 à 124,8 GWc. La puissance d’onduleurs atteint 113,8 GW. Selon une analyse conjointe d’Agora Energiewende et du Fraunhofer ISE, les modifications en discussion dans le cadre de la révision de la loi EEG pourraient dégrader la rentabilité des petites installations en toiture et inciter à sous-dimensionner les systèmes.
Des prix de l’électricité découplés du gaz
La guerre d’Iran, débutée le 28 février, a fait bondir le prix du gaz de 48% entre février et mars (de 35,61 à 52,71 €/MWh), portant le coût marginal de production des centrales à gaz à 132,87 €/MWh (+39%). Le prix spot de l’électricité a pourtant reculé à 95,58 €/MWh après le début du conflit, les renouvelables tirant les prix vers le bas à partir de mars, puis a encore cédé 27,7% en avril quand le gaz ne baissait que de 12,6%.
« Si les énergies renouvelables n’avaient pas contribué aussi fortement à la production d’électricité, le prix de bourse aurait été 76% plus élevé en avril », explique Leonhard Gandhi, chef de projet Energy-Charts.
Les graphiques et la présentation détaillée des données sont disponibles sur energy-charts.info.
Basé à Fribourg-en-Brisgau, le Fraunhofer ISE est l’un des plus grands instituts de recherche solaire au monde.










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