Sélectionner une page

Budget 2027 : les filières de la chaleur renouvelable demandent le maintien du Fonds chaleur à 800 millions d’euros

Budget 2027 : les filières de la chaleur renouvelable demandent le maintien du Fonds chaleur à 800 millions d’euros

Les sept organisations du Club de la Chaleur, dont Enerplan et le Syndicat des énergies renouvelables (SER), ont appelé le 23 septembre le gouvernement à maintenir le Fonds chaleur à 800 millions d’euros au moins en 2027. Les arbitrages du projet de loi de finances sont en cours. Selon Le Monde, le budget d’intervention de l’ADEME, qui opère le fonds, serait réduit l’an prochain de plus de 30%, soit plus de 300 millions d’euros sur un milliard, et le Fonds chaleur supporterait une bonne partie de la baisse. Premier outil public de financement des grandes installations de chaleur solaire, le fonds n’y a consacré que 10,6 millions d’euros en 2025.

Les membres du Club de la Chaleur, l’AFPG pour la géothermie, AMORCE, le CIBE pour le bois-énergie, Enerplan, la FEDENE, le SER et Via Sèva, expriment leur « très vive inquiétude quant au sort réservé au Fonds chaleur pour 2027 ». Après un été caniculaire et en pleine crise énergétique, « un tel arbitrage budgétaire irait complètement à rebours de l’objectif prioritaire de sortie des énergies fossiles », écrivent-ils. Les besoins de chaleur, plus de 40% de la consommation d’énergie en France, restent majoritairement couverts par du gaz, du fioul et du charbon importés.

Le Club met en avant l’efficacité du dispositif pour les finances publiques. Depuis 2009, le Fonds chaleur a aidé plus de 11 000 installations et substitué en 2025 52,5 TWh de gaz fossile par des énergies renouvelables et de récupération, l’équivalent de la consommation de chaleur d’environ 5 millions de logements, pour 11 euros d’aide par MWh de gaz substitué. Les installations soutenues ont permis 2,6 milliards d’euros d’économies sur la balance commerciale en 2025, en comparaison du gaz qu’il aurait fallu importer à 50 €/MWh. Or les demandes d’aide en portefeuille dépassent déjà le double du budget. Réduire le fonds « reviendrait à renoncer à de nombreux projets prêts à être réalisés dans les territoires », estime le Club, ainsi qu’aux objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie publiée en février. Celle-ci vise 328 à 421 TWh de chaleur renouvelable et de récupération en 2035, contre 172 TWh en 2022.

Le solaire thermique, 10,6 millions d’euros sur 727

Le bilan 2025 du Fonds chaleur, publié par l’ADEME le 22 avril, situe la place de la chaleur solaire dans le dispositif. Sur un budget de 801 millions d’euros entièrement engagé, 727 millions sont allés à l’investissement : 298 millions aux réseaux de chaleur, 155 millions aux chaufferies biomasse, 85 millions à la géothermie, 21 millions à la récupération de chaleur fatale et 10,6 millions au solaire thermique. Sur les 3,5 TWh annuels de chaleur renouvelable et de récupération supplémentaires aidés en 2025, le solaire thermique pèse 0,5%. L’ADEME cite parmi ses projets phares un réseau de chaleur de 15 km à Salon-de-Provence, alimenté par une chaufferie biomasse de 10 MW et 2000 m² de capteurs solaires, aidé à hauteur de 10,1 millions d’euros pour 27,8 millions d’investissement.

Le fonds reste pourtant le principal soutien public de la chaleur solaire collective et industrielle. Sa règle de priorité, qui place les énergies renouvelables thermiques locales comme le solaire thermique et la géothermie devant la biomasse, a été citée en exemple par Solar Heat Europe dans son rapport de marché publié le 11 septembre. Le marché français y apparaît en hausse de 4% en 2025, à 58 200 m², parce que la livraison de deux projets industriels a compensé un recul de 18,6% des installations résidentielles. Depuis le 1er septembre, MaPrimeRénov’ ne finance plus le solaire thermique par geste en métropole.

Un budget énergie déjà rogné en 2026

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a présenté le 17 septembre les grandes lignes du budget 2027, dont le projet de loi doit être déposé au Parlement au début d’octobre. Pour l’exercice en cours, le décret du 10 septembre 2026 a déjà annulé 500 millions d’euros de crédits, dont 157,5 millions sur la mission Écologie, développement et mobilité durables, et 142,5 millions sur le seul programme « Service public de l’énergie », qui compense les charges de l’obligation d’achat. Bercy a justifié ce retrait par la remontée des prix de gros de l’électricité, qui allège ces charges. Le même jour, 783 millions d’euros de crédits ont été gelés, dont 160 millions sur le programme « Énergie, climat et après-mines ».

Côté photovoltaïque, le projet de loi de finances doit porter un audit pouvant conduire à réviser à la baisse les tarifs d’achat de quelque 8000 installations de 300 à 500 kWc sous contrat S21, contre lequel Enerplan et le SER demandent le retrait de la disposition. Il y a un an, pour poursuivre le déploiement de la chaleur renouvelable, l’État avait conforté le Fonds chaleur à 800 millions d’euros, rappellent les membres du Club de la Chaleur, qui demandent à ce qu’il soit maintenu « a minima à 800 millions d’euros en 2027 ».

Lire l’article du quotidien Le Monde

Graphique : en 2025, le Fonds chaleur a versé 298 millions d'euros aux réseaux de chaleur, 155 à la biomasse, 85 à la géothermie, 21 à la récupération de chaleur fatale, 10,6 au solaire thermique et 8,1 au biogaz injecté
Aides à l’investissement du Fonds chaleur en 2025, principaux postes. Source : ADEME, graphique L’Echo du Solaire

ALLEZ A L'ESSENTIEL !

Recevez notre newsletter par email  

You have Successfully Subscribed!

Pin It on Pinterest

Share This