MaPrimeRénov’ : le solaire thermique perd ses forfaits au 1er septembre, sauf en outre-mer

Un décret et deux arrêtés du 25 août, publiés au Journal officiel du 27, retirent le solaire thermique du parcours « par geste » de MaPrimeRénov’ en France métropolitaine. Le chauffe-eau solaire individuel, le chauffage solaire et les capteurs hybrides associant production thermique et photovoltaïque cessent d’ouvrir droit à un forfait pour toute demande déposée à compter du 1er septembre 2026. Les cinq départements et régions d’outre-mer conservent l’eau chaude solaire.
Ce n’est pas une baisse de barème, c’est une suppression. L’arrêté du 25 août arrête au 31 août 2026 le tableau des forfaits en vigueur et lui substitue, pour les demandes déposées à compter du 1er septembre, un tableau dont les lignes du solaire thermique métropolitain ont disparu. Jusqu’à cette date, un chauffe-eau solaire individuel ouvre droit à 4000 euros pour un ménage très modeste, 3000 pour un ménage modeste et 2000 pour un ménage aux revenus intermédiaires, sur une dépense plafonnée à 7000 euros. Le chauffage solaire thermique atteint 10 000, 8000 et 4000 euros pour un plafond de 16 000 euros, et les capteurs hybrides 2500, 2000 et 1000 euros, plafonnés à 4000 euros. Les ménages aux ressources supérieures, eux, n’y avaient déjà pas droit.
Le solaire thermique n’est pas seul concerné. Le décret n° 2026-822 retire du même mouvement les équipements de chauffage et d’eau chaude fonctionnant au bois ou à d’autres biomasses, les pompes à chaleur dédiées à la seule production d’eau chaude sanitaire, les systèmes de ventilation et l’isolation. Le parcours « par geste » se recentre sur les pompes à chaleur alimentant un circuit d’eau, le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid majoritairement renouvelable, la dépose d’une cuve à fioul et certains audits énergétiques.
Une nuance mérite d’être relevée, car elle laisse une porte ouverte à la filière thermique : les pompes à chaleur solarothermiques figurent explicitement parmi les équipements maintenus, aux côtés des géothermiques et des air-eau. Le solaire thermique ne sort donc pas du dispositif, il en sort comme geste autonome. Le second arrêté du 25 août en profite d’ailleurs pour durcir les caractéristiques exigées des installations solaires qui restent éligibles, avec des critères de certification, une surface de capteurs d’au moins 2 m² et des exigences de capacité de stockage.
L’outre-mer conserve le chauffe-eau solaire
La suppression vaut « hors outre-mer », précise la notice de l’arrêté sur les forfaits. La Réunion, la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe et Mayotte gardent la fourniture d’eau chaude sanitaire à l’énergie solaire dans le parcours par geste, avec un forfait qui s’échelonne de 1600 à 1000 euros selon les revenus du ménage, pour une dépense plafonnée à 2600 euros. Les protections solaires et les surtoitures, propres aux territoires ultramarins, restent également éligibles. Le décret prolonge par ailleurs jusqu’au 31 décembre 2027 l’accès au parcours par geste pour les logements classés F et G en métropole.
Aucun transfert vers les certificats d’économies d’énergie dans les textes
L’idée que les certificats d’économies d’énergie prendraient le relais sur les équipements sortis du dispositif circule depuis la publication des textes. Elle n’y figure pas. Ni le décret ni les deux arrêtés n’organisent de basculement du soutien vers les CEE, et la seule mention qu’ils en font va dans une autre direction : elle rappelle que l’Agence nationale de l’habitat dispose de l’exclusivité de la valorisation des certificats générés par un projet déjà aidé par MaPrimeRénov’. Le solaire thermique reste par construction éligible aux opérations standardisées de CEE, comme il l’était avant le 1er septembre, mais aucun texte publié ce jour ne compense la disparition du forfait.
Pour les installateurs, la conséquence est immédiate et le calendrier ne laisse aucune marge : seules les demandes déposées jusqu’au 31 août relèvent de l’ancien régime.
















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