L’actu solaire d’août 2026
Le mois d’août aura mis la France en regard de son voisin, et la comparaison n’est pas flatteuse. L’Allemagne a adjugé son solaire au sol à 47,9 €/MWh quand la dernière session française retenait 79,5, un écart qui reste proche de 100% une fois corrigé l’avantage d’ensoleillement dont la France bénéficie pourtant. Au même moment, Berlin s’apprête à interdire aux petites toitures d’injecter plus de la moitié de leur puissance, là où Paris a rendu la revente non rentable par le prix. Deux chemins opposés vers la même destination, pour un parc français qui n’a jamais autant compté : le solaire a fourni 37,5% de la production décentralisée au premier semestre, selon Enedis.
Ce que le mois d’août confirme, c’est que la question n’est plus de savoir combien le solaire produit, mais quand, où, et ce que cela vaut à ce moment-là. RTE en a chiffré l’addition : 2,5 TWh de production renouvelable effacés au premier semestre contre 1,9 un an plus tôt, et des prix négatifs 10% du temps. Depuis le 1er août, le tarif d’accès au réseau rémunère les batteries qui soulagent les lignes saturées, faisant entrer un signal de lieu et d’heure là où il n’y avait qu’un signal de volume.
Le résultat le plus contre-intuitif du mois vient pourtant corriger le tableau. Pendant les canicules de juin et juillet, le photovoltaïque a été la seule source d’électricité à produire davantage, jusqu’à 17% de plus, quand le nucléaire, le gaz et l’hydraulique voyaient tous leur production contrainte par la chaleur et la sécheresse. Le problème français n’est pas un problème de volume, c’est un problème d’heure.
L’investissement, lui, ne ralentit pas. TotalEnergies reprend les 4 GW de renouvelables terrestres de Shell en Europe, Sonnedix boucle 730 millions d’euros pour 540 MW répartis sur quatre pays, CVE en lève 350 auprès de Macquarie. Toute la tension du mois tient dans ce contraste : jamais autant d’argent n’est entré dans un actif dont la valeur horaire n’a jamais été aussi incertaine.
La filière s’impatiente. Depuis la mi-juillet, six prises de parole en quatre semaines, d’Enerplan à la FNES, de France Agrivoltaïsme aux Chambres d’agriculture, jusqu’à un collectif de développeurs hors de tout cadre syndical, réclament la même chose : le calendrier des appels d’offres. Nous y consacrerons un article à la rentrée, quand le calendrier de l’automne sera connu.
Cette page rassemble l’actualité de tout le mois, classée par thème plutôt que par date. Chaque sujet renvoie à son article. La parution hebdomadaire reprend le mardi 1er septembre.
Le prix, l’heure et le réseau
C’est le fil du mois. L’écart de prix entre le solaire au sol allemand et le français reste proche de 100% une fois l’ensoleillement corrigé, et le bureau d’études kiloWattsol en décompose l’origine en huit postes qui ne doivent presque rien à la technologie. Côté conduite du système, RTE mesure 2,5 TWh de production renouvelable effacés au premier semestre et des prix négatifs 10% du temps, tout en désignant l’excédent solaire de la mi-journée comme son point de vigilance de fin d’été. Depuis le 1er août, le tarif de réseau paie les batteries qui soulagent les lignes. L’éclipse du 12 août aura coûté 1800 MW de production. Chez le particulier, la même logique descend jusqu’au compteur : Zendure branche ses batteries domestiques sur les prix horaires du marché de gros.
- Solaire au sol : 47,9 €/MWh au dernier appel d’offres allemand, contre le double en France
- Prix négatifs 10% du temps : les excédents solaires deviennent le point de vigilance de l’été
- Stockage : depuis le 1er août, le tarif de réseau paie les batteries qui soulagent les lignes
- RTE attend 1800 MW de production solaire en moins lors de l’éclipse du 12 août
- Zendure connecte ses batteries domestiques au tarif dynamique de Sobry
Politique et réglementation
Trois États légifèrent en même temps, et pas dans le même sens. Berlin veut plafonner à la moitié l’injection des petites toitures et supprimer le tarif d’achat garanti des installations neuves à partir de 2027. Paris relève de 1 à 3 MWc le seuil d’évaluation environnementale des centrales au sol, et prolonge de trois ans son crédit d’impôt aux investissements dans l’industrie verte. Washington ferme son marché aux onduleurs fabriqués hors des États-Unis, sur un critère de lieu de production qui vise les Européens autant que les Chinois.
- L’Allemagne veut limiter à la moitié l’injection des petites toitures solaires
- Le gouvernement relève à 3 MWc le seuil d’évaluation environnementale des centrales solaires au sol
- Industrie verte : le crédit d’impôt aux investissements est prolongé de trois ans
- Onduleurs : Washington bloque les fabricants étrangers, l’Europe cible les seuls pays à risque
Les fusions-acquisitions et les levées du mois
Le mouvement le plus structurant est la sortie de Shell du renouvelable terrestre européen : TotalEnergies reprend son portefeuille de 4 GW et cède dans le même geste la moitié de 1,2 GW d’actifs à un fonds géré par KKR, pour une valeur d’entreprise de 1,8 milliard d’euros. Sur le financement, Sonnedix boucle 730 millions d’euros pour 540 MW répartis entre la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne, CVE en lève 350 auprès de Macquarie pour son activité solaire, et Voltalia s’accorde avec la Société financière internationale sur un investissement pouvant atteindre 120 millions d’euros, sous réserve de son assemblée générale du 17 septembre.
- TotalEnergies rachète les renouvelables terrestres de Shell en Europe
- Sonnedix boucle un financement de 730 millions d’euros pour 540 MW de solaire en Europe du Sud
- CVE lève 350 millions d’euros auprès de Macquarie pour son activité solaire
- Voltalia s’accorde avec la Société financière internationale sur un investissement de 120 millions d’euros
Les chiffres du mois
Trois publications donnent la mesure de l’année. Enedis établit que le solaire a fourni 37,5% de la production décentralisée au premier semestre. Ember apporte le résultat le plus contre-intuitif du mois : pendant les canicules, le photovoltaïque a produit jusqu’à 17% d’électricité en plus quand toutes les autres sources étaient contraintes. GlobalData voit enfin les capacités solaires et éoliennes françaises presque doubler d’ici 2035 à parc nucléaire stable.
- Le solaire a fourni 37,5% de la production décentralisée française au premier semestre
- Pendant les canicules, le solaire a été la seule source d’électricité à produire plus
- En France, solaire et éolien doubleront presque d’ici 2035, le stockage devient déterminant
Projets et réalisations
Deux chantiers, l’un achevé et l’autre en cours. Trina Solar France Systems met en service à Lescheroux, dans l’Ain, une centrale de 14 MWc qui associe le flottant et le sol sur une ancienne gravière de 31 hectares, premier équipement solaire flottant du département. Sunrock équipe quatre plateformes logistiques d’un même client pour 11,3 MWc, dont 8,3 en toiture à Valence, dans la Drôme, attendus en octobre.
- Trina Solar France Systems met en service une centrale hybride flottante et au sol de 14 MWc dans l’Ain
- Sunrock équipe quatre sites logistiques français, dont 8,3 MWc à Valence
Technologies et fabrication
ABB revient à l’électronique de puissance photovoltaïque en intégrant les activités de Gamesa Electric, six ans après avoir cédé son activité d’onduleurs solaires à l’Italien Fimer. Aux États-Unis, Tesla conditionne son projet d’usine de cellules au Texas à un avantage fiscal de dix ans, dans un dossier déposé auprès du contrôleur de l’État qui met explicitement un autre État en concurrence.
- ABB renforce son offre photovoltaïque de grande puissance avec l’intégration des technologies Gamesa Electric
- Tesla conditionne un projet d’usine de cellules solaires au Texas à un avantage fiscal de dix ans
















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