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PV chinois : nouvel appel à l’abandon des taxes, contré par EU ProSun

Quid des taxes commerciales et/ou de l’accord sur un prix minimum dimportation des panneaux photovoltaïques chinois en Europe ? Dans un courrier envoyé le 13 décembre dernier à la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmstrom, un groupe de parlementaires européens menés par le Suédois Christofer Fjellner demande l’abandon des taxes et de l’accord signé en 2013, parce que ces mesures n’ont pas atteint leur but (i.e. sauver l’industrie européenne du photovoltaïque), qu’elles empêchent l’énergie solaire d’être compétitive et qu’elles freinent le déploiement PV sur le Vieux continent … Pour sa part, l’association EU ProSun dénonce toujours le « dumping prédateur » des Chinois, et démonte les arguments des parlementaires européens.

Ces derniers mois, plusieurs grands fabricants chinois ont de leur côté dénoncé l’accord sur le prix minimum d’importation (MIP) signé avec Bruxelles en 2013. La Commission européenne a en outre, au fur et à mesure de son enquête, exclu des sociétés chinoises de la liste MIP et imposé des taxes douanières parce qu’elles contournent ce même accord (voir notre article). Ce dernier est par ailleurs décrié comme étant obsolète par divers acteurs (voir notre article). Sachant que Bruxelles travaille à une révision des mesures commerciales depuis de longs mois, et que sa décision devrait tomber d’ici fin mars 2017, les esprits s’échauffent*.

Un (plus petit) groupe de parlementaires européens, également menés par le Suédois Christofer Fjellner, avait déjà envoyé un courrier très similaire à la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmstrom en octobre 2015.

En commentant la lettre du 13 décembre dernier, Milan Nitzschke, président de l’association EU ProSun, qui a été initiée par l’industriel allemand SolarWorld mais représente environ 30 sociétés du photovoltaïque basées en Europe, évoque « une nouvelle attaque insensée des sociétés qui produisent, investissent dans la R&D et maintiennent des emplois en Europe. Christofer Fjellner et 21 autres parlementaires européens font du lobbying pour demander l’abandon des taxes sur le PV en provenance de Chine, vendu en Europe à des prix de dumping et subventionnés. Ceci est une contradiction flagrante avec le soutien de l’industrie européenne du solaire à ces taxes qui a été démontré par une enquête sur questionnaire de la Commission européenne début 2016. »

EU ProSun note plus particulièrement 11 erreurs ou inexactitudes. L’association réfute surtout les arguments selon lesquels les mesures anti-dumping et anti-subventions actuelles augmenteraient le coût des installations PV et retarderaient la parité réseau pour l’électricité solaire en Europe. Pour Milan Nitzschke, « c’est tout le contraire. Nous avons aujourd’hui des prix inférieurs de 30% à ce qu’ils étaient lors de la mise en place des mesures commerciales à l’encontre du PV chinois, ce qui se traduit par 2000 euros de moins pour un particulier qui s’équipe d’une installation PV. Quand à la parité réseau, elle est déjà quasiment atteinte dans la plupart des pays européens. Les récents appels d’offres en Allemagne ont affiché un tarif inférieur à 7 c€/kWh, soit le quart du prix de l’électricité pour les particuliers dans ce pays et un niveau équivalent à celui de l’électricité générée à l’aide de centrales thermiques au charbon. Enfin, si la demande pour le PV n’augmente pas en Europe, c’est largement la faute aux volumes trop faibles des appels d’offres et aux taxes imposées sur l’autoconsommation de l’électricité solaire autoproduite. »

L’association EU ProSun plaide donc en faveur d’un maintien des taxes et de l’accord MIP et demande même une amélioration de leur application. « Seules une concurrence loyale et une réglementation claire peuvent soutenir durablement la croissance d’un marché. Ce serait une terrible erreur de faire reposer le déploiement des énergies renouvelables sur des ventes illégales de produits chinois à prix dumping et sur les subventions à l’export de Pékin, comme le suggèrent les 22 parlementaires. Ceci mettrait en péril la position de leader de l’Europe dans les technologies des énergies renouvelables. Le rapport du Joint Research Center de la Commission européenne souligne notamment que l’Europe dispose d’une excellente infrastructure de R&D dans le photovoltaïque, qui ne pourra être maintenue sur le long terme si les acteurs industriels opèrent sur le Vieux continent sur toute la chaîne de valeur, y compris au niveau production », souligne Milan Nitzschke.

L’association SolarPower Europe est favorable à l’abandon des taxes (voir notre article). Elle note qu’il y a aussi bien un vice-président du comité du commerce international qu’un vice président du comité en charge de l’énergie parmi les parlementaires européens signataires. Parmi les arguments de Christofer Fjellner, il est écrit « qu’une minorité de fabricants européens du solaire a déposé plainte en se posant comme victime du dumping chinois sur les prix. Or l’envers de la médaille est que les taxes impactent, d’une part, beaucoup plus d’emplois qu’elles n’en sauvent en Europe parce que 80% des postes dans le solaire sont en aval de la production de panneaux PV, et qu’elles ne tiennent pas compte des objectifs climat de l’Union européenne. » Pour Kristina Thoring, conseillère politique en communications de SolarPower Europe, « l’initiative des 22 parlementaires montre qu’il y a une forte pression en Europe pour l’abandon des taxes commerciales sur les panneaux PV importés d’Asie. Des entreprises, des associations, des organisations non gouvernementales et maintenant des parlementaires demandent l’abandon des taxes. Aucune association, aucune organisation et aucun parlementaire n’a demandé leur maintien jusqu’ici. »

De fait, la lettre des parlementaires demandant l’abandon des taxes commerciales fait suite à une action similaire menée en partie par l’installateur allemand Baywa r.e., avec un courrier signé par 407 entreprises (principalement des intégrateurs, développeurs et installateurs PV, voir ici) ainsi qu’à un autre courrier de 36 organisations industrielles, syndicales ou associatives (voir ici). Selon SolarPower Europe, Greenpeace, WWF et d’autres organisations non gouvernementales seraient du même avis.

L’analyse plus détaillée par EU ProSun de la lettre envoyée par les parlementaires le 13 décembre 2016 se trouve ici

Pour consulter la lettre envoyée par les parlementaires le 13 décembre dernier, cliquer ici

Pour consulter la lettre envoyée par des parlementaires le 2 octobre 2015, cliquer ici

*Voir également le dossier concernant la bataille commerciale entre Bruxelles et le PV chinois sur le site d’information EurActiv, en cliquant ici

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