Appel d’offres solaire au sol : le prix moyen chute de 23%, à 61,33 €/MWh
La 9e période de l’appel d’offres pour les centrales photovoltaïques au sol a retenu 125 projets pour 931,4 MWc, à un prix moyen pondéré de 61,33 €/MWh. C’est 23% de moins qu’à la période précédente (79,48 €/MWh), et le niveau le plus bas de toutes les périodes tenues depuis mai 2022, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Conformément aux propositions de la CRE, le gouvernement a désigné les lauréats dont nous publions la liste en fin d’article. Le régulateur a publié le 9 octobre sa délibération du 17 septembre sur l’instruction des dossiers.
La période, close le 31 juillet 2026, a attiré 731 dossiers pour 5358,7 MWc, soit 5,8 fois les 925 MWc appelés et 2,8 fois la puissance déposée à la 8e période, un an plus tôt. La hausse vient surtout des petits projets. 445 dossiers portaient sur moins de 5 MWc, dont 241 sur 1 MWc au plus. Selon la CRE, ces derniers relevaient du guichet ouvert prévu pour les petites centrales au sol, dont l’arrêté n’a jamais été publié. Le régulateur cite aussi l’absence de toute période de cet appel d’offres depuis juin 2025 et le manque de visibilité sur les suivantes.
Les 125 lauréats comptent 79 projets de moins de 5 MWc, pour 202,98 MWc, qui disposent d’un volume réservé de 200 MWc. Les projets sur terrains agricoles, agrivoltaïques ou sur jachère, représentent 52% de la puissance retenue (486,99 MWc), sous un plafond porté à 500 MWc contre 250 MWc aux périodes précédentes. Ce sont, selon la CRE, ceux qui proposent les prix les plus bas. Les projets sur terrains dégradés, qui bénéficient d’un bonus de 9 points dans la notation, affichent à l’inverse un prix moyen de 75,97 €/MWh parmi les dossiers déposés.
D’après la liste des lauréats publiée par le ministère, le développeur Reden en remporte à lui seul onze, pour 187,7 MWc, soit 20% de la puissance attribuée, tous dans le Lot-et-Garonne. La Nouvelle-Aquitaine concentre 43 projets et 422,7 MWc, soit 45% du total.
Pour sa part, TSE revendique la quatrième place, avec 18 projets lauréats pour 116 MWc. « Dans un appel d’offres d’une exigence inédite, ce résultat est une belle reconnaissance du travail de nos équipes, de la confiance de nos partenaires et de l’engagement des acteurs territoriaux qui portent ces projets à nos côtés. Il montre aussi que l’électricité solaire produite en France est aujourd’hui très compétitive. C’est un atout pour notre souveraineté notamment en période de crise et de prix de l’énergie élevé », déclare Mathieu Debonnet, président de TSE.
Cette période était la première de cet appel d’offres soumise au critère de résilience de l’approvisionnement du règlement européen pour une industrie « zéro net » (NZIA). Les installations ne doivent pas avoir été assemblées en Chine, et au moins quatre de leurs huit composants principaux, dont les onduleurs, les cellules et les modules, ne doivent pas en provenir. La part des onduleurs déclarés d’origine européenne est passée de 11% à la 8e période à 83%. La CRE estime toutefois que l’intensité de la concurrence ne permet pas de mesurer le surcoût de ce critère.
Le coût de ces contrats pour le budget de l’État dépendra du prix de gros de l’électricité. La CRE l’estime à 354 millions d’euros sur leurs vingt ans si ce prix s’établit à 50 €/MWh en 2030, et à 55 millions d’euros à 70 €/MWh. À 95 €/MWh, les producteurs reverseraient au contraire 319 millions d’euros.
La baisse a un revers, selon Emilien Lassara, référent plaidoyer de l’association Hespul. Il relève sur LinkedIn qu’un dossier sur cinq seulement a été retenu au sol, et un sur trois au petit photovoltaïque malgré l’« autocensure » des projets les moins compétitifs, ce qui laisse deviner selon lui d’importants coûts échoués. Il y voit un appel d’offres « de la dernière chance », imposé à des entreprises en difficulté et sans visibilité : « Rien de sain et de durable là-dedans ». Il demande de lancer de nouveaux appels d’offres dès la fin de 2026.
Le petit photovoltaïque à 75,48 €/MWh
La CRE a publié le même jour sa délibération sur la 2e période de l’appel d’offres pour les installations de 100 à 500 kWc, ouverte pour la première fois aux centrales au sol. Au total, 871 projets ont été retenus pour 288,3 MWc, à un prix moyen pondéré de 75,48 €/MWh, contre 88,73 €/MWh à la première période (-15%). Le prix plafond, public, était de 95 €/MWh.
Là aussi, la souscription a bondi, avec 2952 dossiers pour 963,2 MWc, plus de trois fois les 288 MWc appelés. La première période, tenue en septembre 2025, n’avait permis de retenir que 43 MWc sur 192 appelés. La CRE explique l’écart par l’absence d’appel d’offres entre septembre 2025 et juillet 2026, sur un segment où les demandes de raccordement au guichet ouvert avaient atteint 3,7 GWc entre janvier et août 2025. Les centrales au sol pèsent 7,7% de la puissance déposée.
La CRE propose d’élargir cet appel d’offres à tout le segment de 100 kWc à 1 MWc, et de relever en conséquence à 1 MWc le seuil des grands appels d’offres au sol, sur bâtiment et technologiquement neutre. Elle recommande aussi de donner à la filière le maximum de visibilité sur le calendrier des prochaines périodes, dont Enerplan dénonçait l’absence fin septembre. Les centrales au sol peuvent concourir à la 5e période de l’appel d’offres technologiquement neutre, du 5 au 16 octobre 2026.

Le prix français se rapproche de celui du dernier appel d’offres allemand pour le solaire au sol, clos le 1er juillet 2026, à 47,9 €/MWh en moyenne pondérée selon l’Agence fédérale des réseaux. L’écart, de 66% à la 8e période, revient à 28%, avant toute correction de l’ensoleillement, plus favorable en France.

Consulter la délibération et le rapport de synthèse de la CRE
Consulter la liste des lauréats de la 9e période au sol et de la 2e période du petit photovoltaïque.












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