Sélectionner une page

Présidentielle 2027 : France renouvelables propose une programmation pluriannuelle de l’électrification

Présidentielle 2027 : France renouvelables propose une programmation pluriannuelle de l’électrification

France renouvelables a rendu publique le 10 septembre une plateforme de seize propositions pour le prochain quinquennat, intitulée « L’énergie qui libère la France ». L’association professionnelle des énergies renouvelables électriques y demande que la politique énergétique cesse de programmer les seuls moyens de production pour organiser le système à partir des besoins d’électrification de l’économie, avec un objectif chiffré : ramener la part des énergies fossiles importées dans la consommation d’énergie de près de 60% aujourd’hui à 30% en 2035.

« Les réflexions et débats politiques qui auront lieu à l’occasion de l’élection présidentielle de 2027 doivent initier une nouvelle approche de la politique énergétique de la France, actuellement limitée aux seuls moyens de production. Le véritable enjeu est de savoir comment réduire rapidement notre dépendance au pétrole et au gaz importés, qui fragilise à la fois notre souveraineté, notre économie et le pouvoir d’achat des Français. La France dispose d’un atout considérable avec son électricité bas carbone : nous devons désormais en faire un moteur de réindustrialisation, de compétitivité et de prospérité. C’est tout le sens de nos propositions : faire de l’électrification une véritable priorité nationale et doter notre pays d’une trajectoire claire pour diviser par deux notre dépendance aux énergies fossiles importées d’ici 2035 », déclare Anne-Catherine de Tourtier, présidente de France renouvelables.

La mesure centrale est une programmation pluriannuelle de l’électrification, ou PPELEC, que l’association veut voir élaborée par un Conseil national de l’électrification convoqué dès le début de la prochaine mandature sous l’autorité du Président de la République, et déclinée par des conseils régionaux. Cette programmation fixerait des objectifs par secteur pour cinq segments, mobilités, transports, industrie, bâtiments et économie numérique, et serait prolongée à Bruxelles par une Communauté européenne de l’électrification dont la France prendrait l’initiative. Le document rappelle que les importations d’énergies fossiles représentent près de 110 milliards d’euros par an, et que la consommation d’électricité stagne depuis plus d’une décennie.

80 GW de solaire en 2035 dans le scénario « Ambition renforcée »

Le chiffrage repose sur une modélisation confiée à Deloitte, qui compare deux trajectoires à l’horizon 2035. Le scénario « Développement contenu » reprend la fourchette basse de la PPE 3, soit 55 GW de solaire et 35 GW d’éolien terrestre, 90 GW au total. Le scénario « Ambition renforcée » retient la fourchette haute pour le solaire, 80 GW, et 46 GW d’éolien terrestre, soit 126 GW. Selon l’association, le second réduirait de 8% le prix moyen de marché de l’électricité en 2035, soit près de 900 millions d’euros d’économies annuelles pour les Français, le double du gain lié à la baisse de la contribution tarifaire d’acheminement actée début 2026, et diminuerait de 3 TWh la production à partir de gaz, pour 500 millions d’euros d’importations évitées entre 2030 et 2035. Le coût du soutien aux renouvelables pour l’État passerait de 513 à 1260 millions d’euros par an, quand les recettes fiscales des collectivités liées au solaire additionnel monteraient de 247 à 424 millions.

L’argument de l’emploi est mis en avant : les filières du solaire, de l’éolien terrestre et de l’éolien en mer représentent plus de 90 000 emplois en France et pourraient en compter près de 175 000 en 2035. « Les trajectoires actuellement envisagées dans la PPE 3 fragilisent déjà les filières et conduisent à des destructions d’emploi et de savoir-faire qui iront croissant si ces objectifs ne sont pas mis en cohérence avec le besoin d’électrification massif du pays », avance le document. La plateforme arrive deux jours après le rapport de la CRE sur l’économie du système électrique, qui juge la poursuite du développement des renouvelables encore pertinente pour le consommateur mais la borne à une hausse de 50% du parc tant que la consommation stagne. L’association répond par la demande : c’est l’électrification qui doit absorber les capacités.

Parmi les 16 propositions, plusieurs touchent directement le photovoltaïque

Parmi les seize propositions, plusieurs touchent directement le photovoltaïque. France renouvelables veut faciliter les contrats d’achat direct d’électricité par les entreprises et les collectivités, assortis d’un plan d’accompagnement à l’électrification des PME et PMI ; créer un Pacte Industrie-Électricité avec un « Tarif Industrie France » de long terme et un bonus de localisation ; lancer un plan « France stockage » couvrant l’hybridation des projets, les batteries autonomes, les stations de pompage et un volet industriel de gigafactories ; faire évoluer la fiscalité de l’énergie et mobiliser l’épargne des Français pour alléger la dette des projets ; accélérer le repowering ; enfin, doter la France d’une liste de projets d’intérêt national majeur instruits en moins de six mois.

Le monde agricole a sa proposition propre : des tarifs électriques de proximité fondés sur une autoconsommation élargie, un pacte entre collectivités, agriculteurs et producteurs pour l’agrivoltaïsme, et un appui à l’installation de jeunes agriculteurs quand un projet d’énergie renouvelable consolide l’exploitation. L’association ne ménage pas les commissions départementales de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, dont « le pouvoir illimité dans le processus d’autorisation a démontré une très grande inégalité de traitement des projets et un manque cruel d’efficacité ». Elle propose enfin de déplacer les incitations tarifaires vers les périodes d’abondance, avec des heures creuses « plutôt entre 11h et 14h du fait du développement du solaire photovoltaïque » et des contrats horo-saisonniers pour les riverains des installations.

Consulter la plateforme L’énergie qui libère la France (PDF, 37 pages).

France renouvelables est l’association professionnelle qui représente, consolide et promeut le développement des énergies renouvelables électriques industrielles et des solutions de stockage et de flexibilité associées. Issue de France Énergie Éolienne, elle a pris son nom actuel en septembre 2023, après un vote de 92% de ses adhérents en faveur de l’élargissement de son champ d’intervention.

Couverture de la plateforme de France renouvelables pour la présidentielle de 2027
« L’énergie qui libère la France », les seize propositions de France renouvelables pour la présidentielle de 2027. Crédit : France renouvelables

ALLEZ A L'ESSENTIEL !

Recevez notre newsletter par email  

You have Successfully Subscribed!

Pin It on Pinterest

Share This