Stockage d’électricité : les capacités installées devraient progresser de près de 40% par an d’ici 2030
En forte croissance, le marché français du stockage stationnaire d’électricité devrait atteindre un nouveau record en 2025, porté par un contexte particulièrement favorable, selon une analyse publiée par Les Echos Études. Si les défis restent nombreux sur l’ensemble de la chaîne de valeur, les opportunités sont colossales : selon les auteurs du rapport, les capacités installées devraient progresser en moyenne de près de 40% par an d’ici 2030.
Après une première vague de projets emblématiques en 2023, le marché du stockage d’électricité par batterie accélère à nouveau. L’année 2025 s’annonce déjà comme un nouveau record. À fin juillet, plus de 200 MW de nouvelles capacités ont été raccordés, portant la puissance totale installée à 1,3 GW, soit près de trois fois plus qu’en 2022.
La dynamique est tout aussi forte du côté des projets en développement, dont le volume a doublé en un an : plus de 7 GW disposent déjà d’un droit d’accès au réseau de transport, selon RTE, et 1244 MW supplémentaires sont recensés sur le réseau Enedis à la fin du deuxième trimestre 2025. Le mouvement est désormais bien engagé : le stockage s’impose comme un pilier essentiel du système électrique français.
L’autoconsommation, nouveau terrain de jeu du stockage
L’essor des batteries s’étend également au marché de l’autoconsommation photovoltaïque : 3,4% des nouvelles installations en sont désormais équipées, contre 1,7% en 2024 et à peine 1% les années précédentes. Le parc d’installations photovoltaïques maintenant équipées d’une batterie de stockage a doublé depuis 2022 et continue de croître à un rythme soutenu. Avec plus de 3400 nouveaux sites équipés au premier semestre, 2025 devrait signer une troisième année consécutive de record.
Les perspectives du marché sont particulièrement favorables et les opportunités colossales. Plusieurs moteurs puissants alimentent cette dynamique : l’augmentation de la production d’électricité renouvelable, et avec elle, le besoin accru de flexibilité pour gérer l’intermittence et l’électrification des usages, la forte volatilité des prix de gros d’électricité, qui crée de nouvelles opportunités de valorisation et la flambée des prix de détail, qui renforce l’intérêt de l’autoconsommation photovoltaïque avec stockage.
Le stockage stationnaire par batteries s’impose désormais comme une pièce maîtresse du système électrique de demain. Selon les projections de l’étude, la capacité installée devrait croître de près de 40% par an d’ici 2030.
La montée en puissance du stockage s’accompagne d’un écosystème en pleine ébullition. Énergéticiens, développeurs, fabricants de batteries et agrégateurs multiplient les initiatives : intégration de la chaîne de valeur, déploiement de solutions clés en main, conquête de nouveaux segments BtoB (en autoconsommation ou installations “stand alone”) et diversification des sources de revenus sont au programme.
Les nouveaux entrants se multiplient, les alliances se nouent, les acquisitions s’enchaînent. Mais cette effervescence s’accompagne d’une concurrence de plus en plus vive. L’arrivée prochaine de nouveaux acteurs, la pression exercée par les fabricants asiatiques (notamment chinois) et la fragilisation des producteurs européens devraient redessiner les rapports de force. Le marché est désormais entré dans une phase de foisonnement, qui ouvre la voie à une consolidation progressive à moyen terme, conclut l’étude « Stockage d’électricité : dynamique du marché et stratégies gagnantes ».













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