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L’UE signe son premier accord tripartite pour accélérer le stockage de l’énergie

L’UE signe son premier accord tripartite pour accélérer le stockage de l’énergie

La Commission européenne a réuni le 26 juin à Luxembourg, en marge du Conseil des ministres de l’énergie, les signataires du tout premier accord tripartite de l’UE sur le stockage de l’énergie. Vingt-deux États membres s’y engagent à porter, d’ici deux ans, de nouveaux projets représentant 30 à 35 GW de capacité.

L’accord rassemble les États, l’industrie (développeurs et fabricants de stockage, développeurs d’énergies renouvelables, industries consommatrices d’énergie) et les institutions financières autour d’engagements communs destinés à réduire les risques d’investissement et à accélérer le déploiement du stockage à court terme. La Commission y voit le moyen de rendre le système électrique plus sûr et plus flexible, et de stabiliser des prix de l’énergie qu’elle juge encore trop dépendants des marchés volatils des combustibles fossiles.

Concrètement, les développeurs de projets fourniront des estimations annuelles de leurs nouveaux projets de stockage et de leurs projets hybrides, tandis que les industries consommatrices d’énergie s’engagent à développer du stockage sur leurs propres sites et à mieux documenter leurs usages d’électricité. De leur côté, les États membres lèveront les obstacles qui freinent la filière, en permettant aux régulateurs nationaux de fixer des tarifs de réseau reflétant les coûts et non discriminatoires, et en mobilisant si besoin des financements nationaux et européens, dans le cadre de l’encadrement des aides d’État pour une industrie propre (CISAF). Les institutions financières, dont les banques publiques et le groupe BEI, apporteront leur expertise pour rendre les projets plus attractifs.

La Commission, elle, soutiendra la création de régimes de financement, étudiera un appui au titre du Fonds pour l’innovation, mettra à jour les règles de réseau et révisera début 2027 les règles de publication d’informations sur la taxinomie. Elle coordonnera la réalisation des objectifs et en suivra les progrès chaque année jusqu’en 2028.

Le contexte chiffré donne la mesure de l’effort : l’UE estime avoir besoin d’environ 200 GW de capacité de stockage d’ici 2030 pour répondre aux besoins de son système énergétique, contre environ 55 GW installés au début de 2026. Le concept d’accord tripartite, introduit par le plan d’action pour une énergie abordable, fait suite aux conclusions du Conseil européen du 19 mars 2026, qui appelait à accélérer le déploiement des renouvelables et du stockage.

Une initiative saluée, mais jugée insuffisante par la filière solaire

Signataire de l’accord, SolarPower Europe salue le signal envoyé tout en alertant sur les moyens d’y parvenir.

« L’accord tripartite est un signal fort sur l’importance du stockage de l’énergie et sa capacité à produire des résultats rapides pour les industries européennes, avec un objectif de 30 à 35 GW de nouvelles capacités entre 2026 et 2028. Mais on ignore comment l’UE atteindra cette cible avec ses instruments actuels. L’Europe a besoin d’un plan d’action dédié au stockage par batteries pour tenir cette ambition, comme les 200 GW de stockage visés pour 2030 », avertit Sonja Risteska, responsable de la plateforme Battery Storage Europe de SolarPower Europe.

Le même Conseil a par ailleurs adopté sa position sur le paquet réseaux européen, qui vise à moderniser les infrastructures et à accélérer l’électrification. Là encore, l’association solaire nuance son satisfecit.

« L’accord d’aujourd’hui marque une étape importante, avec une meilleure planification, des interconnexions renforcées et des autorisations plus rapides pour les réseaux, le stockage et les renouvelables hybrides. Nous saluons en particulier la prise en compte des renouvelables hybrides, qui combinent production et stockage. Mais la position du Conseil reste en deçà sur des outils concrets comme les autorisations numériques, des calendriers de raccordement clairs et davantage de transparence pour les développeurs. La balle est désormais dans le camp du Parlement européen », estime Dries Acke, directeur général adjoint de SolarPower Europe.

Le stockage thermique revendique sa place

Également signataire, Euroheat & Power, qui fédère le secteur des réseaux de chaleur, met en avant une autre brique du stockage : la chaleur. L’organisation souligne que l’accord reconnaît le stockage thermique comme un pilier d’un système plus résilient et abordable, capable d’absorber l’électricité renouvelable excédentaire pour la restituer sous forme de chaleur, et vise à relever d’au moins 20% le déploiement annuel de stockage par rapport à 2025.

Le stockage thermique dans les réseaux de chaleur a atteint 287 GWh de capacité installée en 2024, en hausse de 61% depuis 2019. Un rythme jugé encourageant mais très insuffisant : pour tenir les objectifs climatiques européens, cette capacité devrait être multipliée par vingt d’ici 2050. L’organisation cite en exemple le projet Narboflex de Newheat, premier réseau de chaleur français à participer aux marchés de flexibilité, et le projet Kuebebierg de Karno, présenté comme le plus grand projet de stockage thermique d’Europe, qui alimente 8000 habitants au Luxembourg.

« Le stockage thermique est une solution de flexibilité très compétitive, fabriquée en Europe, et la seule technologie de stockage de long terme déjà déployée à grande échelle. Accélérer le déploiement de projets, c’est mettre fin au gaspillage de précieuses ressources renouvelables et réduire les prix de l’énergie pour les consommateurs et les industries qui en ont le plus besoin », plaide Aurélie Beauvais, directrice générale d’Euroheat & Power.

Plus d’infos sur l’accord tripartite et sur les réactions de SolarPower Europe et d’Euroheat & Power.

Stockage d'énergie en Europe, accord tripartite de l'UE
Crédit : © Union européenne 2026

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