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Prévue à l’horizon 2030, l’autonomie énergétique dans les ZNI s’éloigne …

A l’heure où les territoires d’outre-mer révisent leurs Programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE), une étude de l’Ademe évaluant la faisabilité de l’autonomie énergétique prévue à l’horizon 2030 dans la Loi de transition énergétique de 2015 montre la nécessité d’un développement massif des sources renouvelables. Pour l’heure, le compte n’y est pas sur tous les territoires. L’autonomie énergétique n’est atteignable après 2030 que s’il y a un effort supplémentaire de maîtrise de la demande d’énergie et une accélération du déploiement des EnR, notamment photovoltaïque.

L’Ademe estime en effet que l’autonomie énergétique est difficilement réalisable en 2030 en raison du rythme élevé qu’il implique pour le déploiement des filières renouvelables, au regard, notamment, du développement trop lent constaté entre 2015 et 2018. Sur la base du potentiel EnR disponible et mobilisable, un mix électrique 100% EnR adapté aux particularités de chaque territoire est cependant techniquement possible, que ce soit à la Réunion, en Martinique ou en Guadeloupe*. Mais il nécessite une politique volontariste de maîtrise de la demande d’énergie et le recours à d’importantes capacités de stockage permettant le maintien de l’équilibre entre l’offre et la demande.

Selon les estimations de l’Ademe, la production annuelle d’électricité à partir d’énergies renouvelables variables représenterait entre 35 et 53% de la production totale en 2030 pour la Guadeloupe et la Réunion. En Martinique, les gisements renouvelables pilotables étant moins importants, elle serait comprise entre 58 et 73% en 2030. L’Ademe estime néanmoins que l’atteinte de l’autonomie énergétique est possible moyennant un effort supplémentaire de maîtrise de la demande d’énergie et une accélération du déploiement des EnR.

La Réunion devrait ainsi déployer environ 1 GW de photovoltaïque en 15 ans, alors que la PPE en cours prévoit un objectif de 120 MW supplémentaire pour 2023. Pour atteindre un niveau d’autonomie important (incluant une électrification forte du parc automobile), il sera par conséquent nécessaire de solliciter de manière très significative les potentiels EnR et de maintenir une politique ambitieuse de maîtrise de la demande énergétique notamment dans les secteurs du transport et du tertiaire.

Un mix électrique 100% EnR est possible en Guadeloupe tout en satisfaisant l’ensemble de la demande électrique à tout instant – équilibre offre demande – moyennant un recours significatif à des capacités de stockage. Idem pour la Martinique. Des études sont en cours pour la Corse, la Guyane et Mayotte, et feront l’objet de publications ultérieures.

Quel que soit le scénario étudié, le rôle des centrales diesel est fortement réduit dès que l’on développe significativement les EnR (à partir de 2025 dans le modèle de l’Ademe). Le recours important à cette production carbonée est aujourd’hui responsable des coûts de production très importants sur ces territoires. Les études montrent que l’augmentation du taux d’EnR dans le mix électrique s’accompagne d’une baisse des coûts de l’énergie produite, malgré les investissements nécessaires dans des actifs de stockage.

L’exercice de l’Ademe s’est focalisé sur la faisabilité technique et sur les coûts. Les modifications du mix énergétique nécessiteront toutefois un accompagnement pour faciliter les changements des comportements des consommateurs et egalement l’évolution de certains emplois et métiers liés à l’énergie.

Dans l’attente des appels d’offres dédiés ZNI

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a retenu qu’un mix énergétique 100% EnR conduit à une baisse du coût complet de production de l’électricité, outre les bénéfices environnementaux apportés par les énergies renouvelables dans ces territoires où la production électrique repose surtout sur les énergies fossiles. L’Ademe démontre également la résilience d’un réseau électrique composé exclusivement de moyens de production EnR. La synthèse de ces études souligne néanmoins l’écart qui existe aujourd’hui entre le rythme de déploiement des énergies renouvelables nécessaire pour atteindre l’objectif d’autonomie énergétique et celui défini dans les PPE de ces territoires. Pour le SER, l’Etat et les Régions doivent intégrer des objectifs plus ambitieux pour les EnR.

Par ailleurs, le syndicat regrette que les appels d’offres en ZNI (avec un calendrier prédéterminé) qui figuraient au catalogue des mesures retenues en juin 2018 à l’occasion du groupe de travail ministériel sur le solaire pour accélérer le déploiement de l’énergie PV en métropole et en outre-mer n’aient toujours pas été publiés. « Les éléments techniques et économiques apportés par l’Ademe démontrent la pertinence d’un mix énergétique 100% renouvelable en ZNI. Il faut maintenant que les décisions politiques permettent d’accompagner cet objectif qui s’imposera inéluctablement à nos territoires ultramarins comme il s’impose déjà à l’international », note Jean-Louis Bal, président du SER. « Les opérateurs de la filière photovoltaïque en ZNI souffrent d’un manque d’activité depuis le dernier appel d’offres lancé en 2016. Pour ne pas affecter durablement la filière photovoltaïque en outre-mer et pour donner plus largement de la visibilité au secteur des énergies renouvelables, il est urgent de lancer de nouveaux appels d’offres. De nombreux emplois peuvent être créés dans les filières renouvelables », plussoie Jérôme Billerey, président de la Commission Régions Ultramarines du SER.

* Des études sont en cours pour la Corse, la Guyane et Mayotte, et feront l’objet de publications ultérieures. Pour consulter les études de l’Ademe pour la Réunion, la Guadeloupe et la Martinique, cliquer ici

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