Les écrêtements de la production photovoltaïque ont triplé au 1er semestre
Sur les six premiers mois de 2025, les écrêtements de production renouvelable pendant les périodes de prix spot négatifs ont augmenté, passant de 1,1 TWh au premier semestre 2024 (pour l’éolien et le solaire combinés) à 2 TWh au premier semestre 2025, selon le bilan semestriel publié le 23 juillet par RTE.
Cela représente une hausse de plus de 80%, très majoritairement portée par les écrêtements de la production solaire, dans un contexte d’augmentation du volume de production (lié au meilleur ensoleillement ainsi qu’au développement du parc) et de croissance du nombre d’heures à prix négatif, alors que la part du parc incitée à moduler sa production est restée constante.
Ainsi, les écrêtements de la production photovoltaïque ont triplé, passant de 0,4 TWh à 1,2 TWh sur la période. Les écrêtements de la production éolienne ont légèrement crû, passant de 0,7 TWh au premier semestre 2024 à 0,8 TWh au premier semestre 2025 sous l’effet de l’augmentation des occurrences de prix négatifs, compensée par la légère diminution de la production éolienne.
Les puissances moyennes éolienne et solaire écrêtées se sont élevées à 5,2 GW en 2025, contre 4,3 GW en 2024 et 3,7 GW en 2023.
En moyenne entre avril et juin, la production écrêtée correspond à environ 8% du volume qui aurait pu être produit (sans écrêtements) par l’éolien terrestre (contre 6% en 2024 et 1% en 2023), et à environ 10% du volume théoriquement produit pour le solaire (contre 5% en 2024 et 1% en 2023). Cela modifie de manière désormais visible les profils journaliers de production solaire lors des mois de printemps, plus particulièrement entre 10 h et 16 h, où surviennent le plus fréquemment les prix spot négatifs.
Durant les périodes de prix négatifs ou nuls, le fonctionnement normal du marché de l’électricité incite les producteurs à ne pas programmer ou à diminuer leur production, rappelle RTE. Ceci concerne l’ensemble des unités de production, y compris le parc hydraulique pilotable (réservoirs lacs ou STEP), le parc nucléaire, et de manière croissante l’éolien et le solaire, qui écrêtent leur production plutôt que de fonctionner en période de prix négatifs.
C’est le cas en particulier pour les grands parcs éoliens terrestres et photovoltaïques les plus récents, développés sous le régime du complément de rémunération. Ce régime permet un fonctionnement optimisé du parc de production : les installations offrent leur production à leur coût variable (proche de zéro), et ne fonctionnent pas lorsqu’elles ne sont pas retenues sur les marchés (épisodes de prix négatif).
Les écrêtements de production renouvelable en cas de prix négatifs contribuent ainsi à l’équilibre du système, mais ils doivent être bien pilotés pour assurer une bonne gestion de l’équilibre offre-demande au plus près du temps réel, souligne RTE.
Télécharger le « Bilan du premier semestre 2025 » publié par RTE


















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