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Annonces PPE3 : « le gouvernement condamne le solaire territorial au profit des grands projets ! »

Annonces PPE3 : « le gouvernement condamne le solaire territorial au profit des grands projets ! »

Le Solaire Territorial dénonce l’absence totale de visibilité pour le segment basse et moyenne tension post-juillet 2026 et l’instauration d’un appel d’offres fusionné qui signe l’arrêt de mort des toitures, ombrières et installations de proximité. Nous publions ci-dessous la réaction indignée de ce groupement d’acteurs engagés dans le solaire territorial.

« Jeudi 2 avril, lors d’une conférence de presse à Bercy, la ministre déléguée en charge de l’Énergie, Maud Bregeon, et le ministre de l’Économie, Roland Lescure, ont présenté les appels d’offres photovoltaïques de la PPE3. Si l’objectif de 48 GWc installés en 2030 est maintenu, le Solaire Territorial tient à alerter sur ce que ces annonces signifient concrètement pour les projets à ancrage territorial.

La mesure phare — et la plus préoccupante — est le lancement d’un appel d’offres « toutes technologies » (photovoltaïque sur bâtiment, ombrières, sol dégradé, petit sol) dont la publication est annoncée à l’automne 2026. Ce dispositif fusionné place l’ensemble de ces segments en concurrence frontale sur le seul critère du prix.

Un appel d’offres fusionné, outil de destruction du solaire territorial

Le Solaire Territorial le dit clairement : cet appel d’offres « toutes technologies » n’est rien d’autre qu’une façon de tuer les toitures et les ombrières. En imposant la compétitivité-prix comme unique critère d’attribution, le gouvernement sait pertinemment que les petits projets de réseau — toitures industrielles et tertiaires, ombrières de parking, installations sur sol dégradé — ne pourront jamais concurrencer les centrales de grande puissance.

C’est la fin du solaire territorial, celui où l’acceptabilité locale est au cœur du projet, celui qui valorise les surfaces déjà artificialisées, celui qui raccorde sur les réseaux de distribution basse et moyenne tension plutôt que sur le réseau de transport.

Un vide réglementaire et des freins structurels ignorés pour le petit photovoltaïque

Le gouvernement affiche sa volonté de maximiser l’autoconsommation pour le segment de moins de 100 kWc. Mais aucune mesure concrète n’a été présentée pour lever les freins structurels qui bloquent aujourd’hui ce développement. Ni la suppression de l’obligation de fourniture à un fournisseur tiers, ni la suppression du TURPE soutirage pour les installations en autoconsommation — deux leviers pourtant essentiels pour rendre économiquement viables ces projets de réseau — ne figurent au programme.

Plus grave encore, le gouvernement n’a pas abordé la règle du « premier arrivé, premier servi » sur le réseau RTE, qui crée un phénomène de fausse saturation des postes sources sur le réseau Enedis. Des centaines de projets en basse et moyenne tension se voient refuser le raccordement non pas en raison d’une saturation physique réelle, mais parce que la file d’attente RTE — alimentée majoritairement par de grands projets — consomme théoriquement toute la capacité disponible du poste. Cette règle, conçue pour le réseau de transport, fabrique une saturation totalement fictive qui tue le solaire de proximité dans l’oeuf.

Pour les développeurs, les installateurs, les collectivités et les entreprises qui ont engagé des projets sur ces segments, cette accumulation de non-décisions est invraisemblable. Elle interrompt les financements, bloque les décisions d’investissement et menace directement l’emploi dans les territoires.

Les demandes du Solaire Territorial

– La publication immédiate d’un calendrier de soutien pour le photovoltaïque en basse et moyenne tension post-juillet 2026.

– Le renoncement à un appel d’offres fusionné qui écrase les spécificités des projets territoriaux. Les segments toitures, ombrières, sol dégradé et petit sol doivent faire l’objet de dispositifs dédiés, intégrant des critères d’acceptabilité locale.

– La suppression de l’obligation de fourniture à un tiers et du TURPE soutirage pour les installations en autoconsommation de moins de 100 kWc.

– La réforme de la règle du premier arrivé, premier servi sur le réseau RTE afin d’éliminer les phénomènes de saturation fictive des postes sources Enedis.

– La reconnaissance du rôle du solaire territorial dans la résilience énergétique, l’intégration paysagère et l’ancrage local de la transition énergétique.

« Le gouvernement affiche vouloir que 41% des volumes soient sur petites et moyennes toitures. Mais sans mécanisme de soutien dédié et sans lever les blocages réglementaires qui paralysent le raccordement Enedis, cet objectif reste un vœu pieu. Nous ne laisserons pas le solaire territorial disparaître au nom d’une compétitivité-prix qui ne s’applique qu’à lui », dénonce Hadrien Clément, président du Solaire Territorial.

Le Solaire Territorial est un groupement d’acteurs engagés dans le solaire territorial, réunis autour d’une ambition commune : promouvoir des projets solaires photovoltaïques de taille raisonnable et à l’impact territorial fort. Ils sont la source principale de la croissance de la filière photovoltaïque ces dernières années et permettent de créer des emplois en région. Sa mission est de contribuer à une transition énergétique responsable, ancrée dans les territoires, tout en valorisant les emplois locaux et retombées économiques directes et en répondant aux besoins des différentes communautés.

Relance des appels d’offres : vigilent, le SER s’inquiète de la faible visibilité sur les appels d’offres PV de fin d’année

De son côté, le SER se félicite du lancement d’un appel d’offres simplifié de 288 MWc et d’un appel d’offres pour les centrales au sol de 925 MWc, mais s’inquiète de la faible visibilité sur les appels d’offres de fin d’année dans un contexte où la PPE 3 prévoit un volume de 2,9 GWe pour l’ensemble de l’année 2026. Considérant que l’enjeu de souveraineté est fondamental, le SER rappelle que le règlement NZIA ne permet pas de garantir, pour le solaire, des retombées industrielles suffisantes en Europe et appelle à l’introduction rapide d’un critère plus explicite de « Made in Europe » dans les prochaines sessions.

Plus généralement, l’annonce d’une relance d’une série d’appels d’offres jusqu’en 2027 visant à développer de nouvelles capacités de production d’électricité renouvelable intervient dans un contexte où l’accroissement de l’offre de production permettra de répondre aux besoins du futur Plan d’électrification, rappelant ainsi que les énergies renouvelables constituent un pilier essentiel de la réduction de nos dépendances aux énergies fossiles, se félicite le SER.

« Ces annonces confirment les engagements du Premier ministre pris lors de la publication de la 3e Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Ils montrent une nouvelle fois que, dans un contexte où notre pays a besoin de poursuivre l’électrification des usages pour être moins dépendant de la géopolitique internationale qui pèse sur nos factures, les énergies renouvelables constituent une réponse concrète et structurelle. Aucun acteur ne s’engagera dans une électrification de ses usages s’il n’est pas assuré que l’offre d’électricité restera toujours abondante et compétitive, et seules les ENR électriques peuvent amener cette garantie dans la décennie à venir. Nous nous félicitons donc des annonces de ce jour, et appelons le gouvernement à compléter cette démarche d’électrification par un plan de décarbonation de la chaleur, qui reste encore aujourd’hui très consommatrice d’énergies fossiles, ainsi que de verdissement du gaz », réagit Jules Nyssen, président du SER.

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) regroupe plus de 500 adhérents, représentant un secteur générant plus de 166 000 emplois. L’organisation professionnelle rassemble les industriels de l’ensemble des filières énergies renouvelables : bois-énergie, biocarburants, éolien, énergies marines, gaz renouvelables, géothermie et pompes à chaleur, hydroélectricité, solaire et valorisation énergétique des déchets. Le SER a pour mission de défendre les droits et les intérêts de ses membres et de resserrer les liens qui les unissent, notamment pour développer la filière industrielle des énergies renouvelables en France et promouvoir la création d’emplois et de valeur ajoutée sur le territoire national.

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