PPE3 : un objectif de 48 GW pour le photovoltaïque en 2030 avec une clause de revoyure en 2027
Le gouvernement a enfin publié la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) qui fixe la stratégie énergétique de la France pour la période 2026-2035. La PPE un ralentissement maîtrisé du développement du photovoltaïque, avec une cible de 48 GW en 2030 et 55-80 GW en 2035, contre près de 30 GW en 2025. Pour garantir l’adaptation continue de la trajectoire aux besoins réels du pays, la PPE3 intègre toutefois une clause de revoyure en 2027.
Concernant spécifiquement le photovoltaïque, Roland Lescure, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique, a précisé : « Nous assumons de conserver une ambition forte : atteindre entre 55 et 80 GW d’ici 2035, ce qui correspond aux ¾ de nos besoins en datacenters. Nous allons lancer dès la semaine prochaine un appel d’offres avec un volume cible de 2,9 GW en 2026. Et dès la semaine prochaine un appel d’offre PV Grands bâtiments de 300 MW au JO de l’Union européenne. C’est 3 GW de nouvelles capacités ! ».

Globalement, les orientations retenues pour l’élaboration de la PPE prennent en compte la réalité de la consommation électrique observée ces dernières années, ainsi qu’une ambition forte d’électrification des usages à l’horizon 2030-2035.
La PPE3 fixe ainsi un cap clair : porter la production électrique décarbonée entre 650 et 693 TWh en 2035, contre 458 TWh en 2023, tout en réduisant la consommation d’énergies fossiles à environ 330 TWh en 2035, contre 900 TWh en 2023.
Aujourd’hui, 60% de notre énergie est fossile et importée, 40% est décarbonée et produite chez nous. L’objectif est d’inverser la structure de la consommation énergétique du pays, pour sortir de la dépendance. C’est-à-dire atteindre 60% d’énergie décarbonée en 2030 et 70% en 2035. La stratégie : d’un côté augmenter l’offre d’électricité ; de l’autre côté augmenter la demande d’électricité.
La réussite de cette trajectoire repose en effet sur une électrification massive des usages, avec une demande estimée à 618 TWh en 2035. Un plan national d’électrification sera lancé dès février 2026 afin d’accompagner l’industrie, le bâtiment, les mobilités et le numérique.
La stratégie repose sur un mix énergétique équilibré associant nucléaire et énergies renouvelables. Les objectifs d’installations des énergies renouvelables électriques ont été ajustés pour tenir compte de l’évolution de la consommation électrique sur les dernières années telle que décrit par les scénario de RTE. Ainsi la PPE fixe une évolution raisonnée du photovoltaïque, avec une cible de 48 GW en 2030 et 55-80 GW en 2035, contre près de 30 GW en 2025 (ce qui correspond peu-ou-proue au scénario R3 de RTE). Quant à la production de chaleur renouvelable (dont le solaire thermique) et de récupération, elle passera de 172 TWh en 2023 à 328-421 TWh en 2035.
Pour garantir l’adaptation continue de la trajectoire aux besoins réels du pays, la PPE3 intègre pour la première fois une clause de revoyure en 2027.
Pour faire taire (en vain) les oppositions politiques, la trajectoire retenue garantit une maîtrise des finances publiques, avec une réduction progressive de la dépense budgétaire consacrée au soutien aux énergies renouvelables, conduisant à réduction de moitié à horizon 2040.

« Le soutien de l’Etat se fait à un coût raisonné pour les finances publiques. A horizon 2035, pour les énergies renouvelables, nous multiplions par 2,7 la production et pourtant, ça coutera moins cher à l’Etat. Pour trois raisons : nous investissons dans des technologies moins coûteuses ; nous optimisons les installations existantes pour produire plus ; et nous remplaçons de vieux contrats coûteux qui arrivent à échéance par des contrats moins chers. Nous intégrerons évidemment les résultats la mission Lévy-Thuot. Une clause de revoyure est en effet déjà prévue en 2027 pour ajuster les objectifs à l’évolution des besoins d’électricité », a précisé le ministre de l’économie.
Dans son discours de présentation, Roland Lescure a en effet martelé qu’il était faux de faire croire que la PPE coûterait des centaines de milliards d’euros : « il faut déjà investir 200 milliards d’euros pour entretenir nos réseaux électriques. Quoi qu’il arrive, c’est de la maintenance. Que notre énergie provienne des ENR ou du nucléaire, s’il n’y a pas de réseau, il n’y a pas de lumière. Il faut changer les lignes des années 50 pour les adapter aux vagues de chaleur et aux tempêtes. Le réseau de distribution date de l’après-guerre et le réseau de transport des années 70 ».
Concernant l’opposition entre EnR et nucléaire, il a mis les points sur les i : « Pour construire un réacteur nucléaire, il faut 10 à 15 ans, pour construire un parc éolien en mer il en faut 5 à 10 ans, et 3 ans pour un champ de panneau solaire. Il faut aller plus vite. Nous ne pouvons pas attendre 15 ans pour être indépendants. C’est pour ça qu’il nous faut avancer sur les deux jambes ».
Par ailleurs, le gouvernement s’engage également à reprendre les discussions sur les programmations spécifiques mises en œuvre pour les zones non interconnectées, notamment la Corse et les territoires ultramarins, afin de garantir la sécurité d’approvisionnement, l’autonomie énergétique et la décarbonation via le développement des énergies renouvelables sur des territoires encore très dépendants de l’importation d’énergies fossiles.
La mise en oeuvre de la PPE3 devrait générer plus de 120 000 emplois supplémentaires à horizon 2030, notamment dans le nucléaire, le photovoltaïque et l’éolien en mer, indique le document du gouvernement.

Télécharger le dossier de la PPE3

















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