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Le Premier ministre rassure : « la PPE sera signée en fin de semaine »

Le Premier ministre rassure : « la PPE sera signée en fin de semaine »

La profession retient son souffle. Alors qu’elle a été reçue à Matignon en fin de semaine dernière, le Premier ministre a confirmé ce week-end dans un entretien à la presse régionale : « On parle depuis trois ans de la prochaine programmation pluriannuelle pour l’énergie (PPE) ! Elle sera enfin signée par décret en fin de semaine prochaine ». Reste à savoir la proportion de solaire quelle contiendra. Même si les organisations professionnelles semblent plutôt confiantes.

« J’ai reçu avec le ministre Roland Lescure l’ensemble des filières des énergies renouvelables à Matignon vendredi mais aussi la filière nucléaire. Si elles étaient inquiètes, c’est parce que certains acteurs politiques ont laissé courir le bruit qu’il y aurait un moratoire, ce qui est faux. Ces querelles d’hier, y compris en opposant le nucléaire et les renouvelables, sont idiotes et pas à la hauteur des enjeux. Nous importons encore 60 milliards d’euros par an de gaz et de pétrole : autant de vulnérabilités qui nous rendent dépendant de puissances étrangères ! La protection de la planète s’aligne avec nos besoins d’indépendance. Alors arrêtons les divisions inutiles », a déclaré Sébastien Lecornu.

Enerplan, France Renouvelables et le SER saluent la publication prochaine de la PPE et la relance des appels d’offres EnR

Reçues vendredi par le gouvernement, les organisations professionnelles Enerplan, France Renouvelables et le SER, se veulent, pour leur part, plutôt confiantes. En témoigne le communiqué qu’elles ont conjointement publiées à l’issue de cet entretien. « Les syndicats représentatifs des énergies renouvelables saluent la publication prochaine de la PPE et la relance des appels d’offres EnR. Cette réunion de plus de deux heures s’est tenue dans un climat de travail très constructif, permettant un échange direct et franc sur la situation du secteur et sur les attentes fortes de la filière. Elle a confirmé un point essentiel : à l’évidence, il n’y aura pas de moratoire sur les énergies renouvelables. Cette clarification était attendue et nécessaire pour rassurer les salariés des entreprises du secteur. La filière a obtenu des garanties du Premier Ministre sur la relance des appels d’offres.

Les échanges ont également mis en évidence un sentiment d’urgence largement partagé, lié au contexte géopolitique international. La question énergétique est aujourd’hui une question de souveraineté, de sécurité d’approvisionnement et de compétitivité industrielle. Nous, acteurs des énergies renouvelables, sommes prêts à prendre notre part. Mais cela suppose une mobilisation collective : une véritable “équipe de France des énergies”, alignée sur des objectifs clairs et ambitieux afin de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles. La filière constate avec satisfaction que les échanges de ce jour témoignent d’une volonté forte du gouvernement de sortir d’une forme d’impuissance qui a trop longtemps marqué la politique énergétique française. La PPE3 doit être un cadre opérationnel, lisible et crédible, pour permettre de déclencher des investissements en faveur de l’industrie, des territoires et de l’emploi. Les organisations syndicales restent pleinement mobilisées et disponibles afin de garantir le succès de ce plan d’électrification et d’accompagner durablement le développement des énergies renouvelables au service de l’intérêt général et de l’indépendance énergétique de la France ».

Une PPE sous-dimensionnée ferait peser un risque majeur sur l’emploi et l’appareil industriel

Le jeudi 5 février 2026, l’inquiétude de la filière était encore palpable. France renouvelables publiait un communiqué appelant le gouvernement à un acte de clarification immédiat en redonnant lisibilité, ambition et confiance à la filière des énergies renouvelables électriques, et alertant sur les conséquences industrielles, sociales et économiques majeures d’une PPE qui ferait reculer la France dans sa transition énergétique. La filière rappelait qu’une trajectoire sur le développement des ENR avec des volumes inférieurs au scénario « R3 » de RTE constituerait un moratoire de fait pour les ENR électriques françaises aux conséquences durables sur l’emploi, l’investissement et la compétitivité du pays. Et de rappeler que la filière des ENR électriques représente aujourd’hui 83 000 emplois et un tissu industriel, fort de ses 150 sites répartis sur l’ensemble du territoire.

Au-delà de l’impact sur l’emploi, une PPE sous-dimensionnée aurait un effet direct et immédiat sur l’investissement privé. Les analyses de France renouvelables montrent qu’un passage d’une trajectoire de type R3 à une trajectoire R2 entraînerait un décrochage de l’investissement privé de l’ordre de 2,7 milliards d’euros par an. Ce différentiel d’investissement ne serait pas compensé par un moindre coût pour la collectivité : il se traduirait au contraire par une perte de capacité industrielle, un affaiblissement de la chaîne de valeur nationale et un décrochage durable de la France dans la compétition européenne pour attirer les capitaux nécessaires à la transition énergétique.

L’absence prolongée de visibilité sur la PPE a déjà des effets concrets sur la filière. La création d’emplois, après plusieurs années de croissance soutenue (en moyenne 15% par an), marque le pas, tandis que les premières restructurations apparaissent. Les modélisations réalisées par France renouvelables à partir des scénarios publiés par RTE en décembre 2025 mettent en évidence un risque de rupture industrielle majeur :

  • les scénarios R1 et R2 conduiraient à la destruction de 30 000 à plus de 40 000 emplois dans la filière, avec un impact significatif dès la première année,
  • le scénario R3, s’il limite les destructions immédiates, entraînerait néanmoins une perte structurelle de compétences et de savoir-faire,
  • seul un scénario orienté R4 permettrait de préserver l’emploi, sécuriser l’appareil industriel et maintenir la capacité de rebond de la filière.

En-deçà de ces niveaux, c’est l’ensemble de la chaîne de valeur – sous-traitants industriels, bureaux d’études, entreprises de génie civil, de transport et d’ingénierie – qui serait fragilisé, avec un risque de désindustrialisation difficilement réversible, alertait France Renouvelables.

Un avis partagé par l’avocat Arnaud Gossement : « Si l’objectif retenu pour le solaire PV est de 42 ou 47 GW de PV, il sera difficile de parler d’une PPE ambitieuse. La députée Julie Laernoes a en effet souligné que la France compte déjà 30 GW installés, avec 10 GW supplémentaires en file d’attente ».

Au-delà des volumes, la FNES défend une ventilation équilibrée

Pour sa part, la Fédération Nationale de l’Énergie Solaire (FNES) avait été reçue le jeudi 5 février à Matignon pour ouvrir la séquence de discussions des instances représentatives afin de faire part de ses attentes, notamment concernant l’allocation des futurs volumes, leurs effets de bord sur l’emploi et les modèles économiques qu’il sera important de sécuriser de manière stable et durable, surtout dans un plan d’électrification.

Dans un document qu’elle publie sur son compte LinkedIn, la FNES détaille quatre scénarios qui découlent de la possible publication d’une PPE3 (voir le document).

Si la FNES souligne qu’aucun volume officiel ne lui a été communiqué clairement lors de l’entretien à Matignon, elle déclare que des hypothèses crédibles circulent concernant des scénarios intermédiaires (type “R3” = 47 GW) accompagnés de la perspective d’une remise en mouvement des dispositifs d’Appels d’Offres.

Si ces hypothèses se confirment, la FNES considère qu’il s’agit d’un volume jugé acceptable. Mais au-delà des volumes, la FNES défend une ventilation équilibrée pour éviter une trajectoire captée uniquement par les grandes centrales au sol et soutenir, au contraire, une répartition qui préserve l’emploi dans les territoires, profite aux citoyens et sécurise les modèles économiques vertueux.

« Pour que la PPE soit acceptée et soutenue par le grand public et les acteurs du terrain, elle doit refléter les intérêts et les modèles économiques de tous les acteurs, y compris l’autoconsommation et le stockage. L’allocation des volumes influence la capacité à relocaliser la production d’équipements (modules, onduleurs) et à soutenir les entreprises françaises et européennes », souligne la FNES.

PPE 3 : un coup d’arrêt au photovoltaïque menacerait l’activité et l’emploi du bâtiment

À l’approche de la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), la FFB et le GMPV-FFB ont, pour le part, exprimé leur vive inquiétude face aux orientations actuellement envisagées pour le photovoltaïque.

Même si les scénarios évoqués ne semblent plus d’actualité – gel des nouveaux projets jusqu’en 2030 ; abandon de projets déjà autorisés ; arrêt quasi total des appels d’offres – ils constitueraient un recul majeur et brutal pour la filière photovoltaïque. Cette trajectoire, combinée à une instabilité réglementaire croissante, notamment le doublement rétroactif de l’imposition forfaitaire des entreprises de réseaux, fragilise directement les entreprises, menace l’emploi et décourage l’investissement.

Ces orientations seraient en contradiction avec les ambitions climatiques et de souveraineté énergétique de la France ainsi qu’avec les engagements européens, notamment la solarisation des bâtiments et l’objectif de 700 GW de solaire en Europe d’ici 2030. Alors que d’autres pays accélèrent, la France s’exposerait à un décrochage industriel.

La FFB et le GMPV-FFB appellent le gouvernement tout d’abord à maintenir une trajectoire ambitieuse et lisible pour le photovoltaïque et ensuite à sécuriser les projets et investissements engagés.

Signalons enfin, que ce mardi 10 février, douze comités sociaux et économiques d’entreprises du secteur des énergies renouvelables électriques ont appelé à une double mobilisation à Paris, devant l’Assemblée nationale, et à Montpellier, devant l’Hôtel de préfecture. Par cette mobilisation, les représentants du personnel demandent un cap clair, stable et lisible, condition indispensable à la poursuite du développement des énergies renouvelables électriques. Ils appellent à sécuriser les volumes d’appels d’offres, à raccourcir les délais administratifs et à restaurer la confiance, rappelant que des milliers de projets sont aujourd’hui ralentis ou en attente.

Epilogue en fin de semaine ?

 

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