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France Agrivoltaïsme réclame une PPE 3 ambitieuse et fustige l’hypothèse d’un moratoire déguisé en scenarii R1 et R2 de RTE

France Agrivoltaïsme réclame une PPE 3 ambitieuse et fustige l’hypothèse d’un moratoire déguisé en scenarii R1 et R2 de RTE

L’association professionnelle France Agrivoltaïsme appelle le gouvernement à publier rapidement la PPE et de doter l’agrivoltaïsme d’objectifs clairs, favorables au déploiement de la filière au sein des territoires. Mais les signaux reçus par la filière font état d’une PPE 3 dont les objectifs solaires seraient très réduits (scénarii R1 ou R2 du bilan prévisionnel de RTE). Dans le communiqué que nous publions ci-dessous, elle met en garde contre ce choix qui porterait un coup d’arrêt brutal à la filière. Cette perspective délétère, qui introduirait de facto un moratoire, est redoutée par toute la filière.

« Programmation énergétique : non au moratoire, oui à l’agrivoltaïsme »

Lors des vœux du ministre de l’Economie, Roland Lescure, le gouvernement a annoncé son intention de publier prochainement la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Différentes sources ont rapporté la volonté des pouvoirs publics de suivre une trajectoire de production des énergies renouvelables avec des volumes sensiblement réduits par rapport à la version soumise à consultation en mars 2025.

Cette perspective serait délétère notamment pour la filière agrivoltaïque dont la montée en puissance se construit collectivement, au bénéfice des agriculteurs, des collectivités et de leurs habitants, mais aussi de nos concitoyens qui réclament majoritairement une énergie abordable, renouvelable et locale. En effet, le choix d’un des scénarii R1 et R2, définis par RTE (NDLR : voir notre article), porterait un coup d’arrêt brutal à la filière photovoltaïque et agrivoltaïque. Les objectifs de développement pour 2030 seraient atteints rapidement, de nombreux projets étant en voie d’être mis en service d’ici à 2030 (environ 10 GW). Le choix de ce scenario introduirait de facto un moratoire sur toutes nouvelles productions photovoltaïques et agrivoltaïques en France.

La filière photovoltaïque et agrivoltaïque emploie aujourd’hui près de 100 000 personnes sur le territoire national, qui occupent des emplois qualifiés, locaux, bénéficiant aux territoires. La France compte des champions internationaux de l’agrivoltaïsme, ayant bâti une expertise forte avec nos chercheurs. La mise à l’arrêt de la filière porterait une atteinte durable aux leaders français d’un marché en pleine expansion dans le monde.

La filière agrivoltaïque est aujourd’hui une filière mature, produisant une électricité renouvelable, locale, à un niveau de prix semblable à celui des centrales « classiques » au sol. La réindustrialisation du pays nécessite une énergie compétitive pour assurer le déploiement de nouvelles sources de production (data centers, décarbonation de l’industrie, mobilités électriques, …). Si le gouvernement faisait le choix d’un des deux scenarii R1 ou R2, cet objectif d’une énergie peu chère et abondante pour assurer notre réindustrialisation ne pourrait pas être atteint.

Pire encore, à cause de ce moratoire qui ne dit pas son nom, ce sont les bénéfices de l’agrivoltaïsme, tel que définis par la loi, qui n’irrigueront pas nos territoires et le monde agricole. L’agrivoltaïsme permet en effet, de créer une forte synergie entre le monde énergétique et agricole et le recul du gouvernement sur des objectifs solaires ambitieux aurait une incidence directe sur le monde agricole. L’agrivoltaïsme représente une opportunité pour les agriculteurs. Sans prétendre sauver l’agriculture française, l’agrivoltaïsme apporte des services nécessaires pour atténuer les effets du changement climatique sur les exploitations, renforcer la pérennité des exploitations et favoriser les transitions au sein des filières agricoles (viticulture, grandes cultures, élevages, etc.).

France Agrivoltaïsme promeut un agrivoltaïsme ancré dans les territoires, apportant des services à l’agriculture, tels que définis dans la loi APER. À date, il n’y a pas plus de dix projets autorisés sous ce régime, comme en atteste l’observatoire de l’agrivoltaïsme. Seuls les scenarii R3 et R4 permettront de faire émerger cette nouvelle génération de projets de qualité et de développement territorial.

« Notre filière produit une énergie décarbonée et compétitive tout en préservant la production alimentaire : sa mise à l’arrêt serait un contresens historique majeur », déclare Olivier Dauger, agriculteur et co-président de France Agrivoltaïsme.

Le gouvernement doit prendre la mesure des conséquences d’une PPE alignée sur les scénarii R1 ou R2 qui mettrait en péril une filière industrielle d’excellence, souveraine, bénéficiant aux agriculteurs et aux territoires.

France Agrivoltaïsme demande au gouvernement de porter une PPE ambitieuse, alignée avec les scénarii R3 ou R4 de RTE, dont les objectifs de production photovoltaïque et agrivoltaïque correspondent aux besoins du pays, aux attentes des territoires pour la transition énergétique.

Créée en 2021, France Agrivoltaïsme est la première association dédiée à l’agrivoltaïsme en France, pour soutenir les acteurs de cette nouvelle filière. Elle a pour principale mission de contribuer à construire la filière agrivoltaïque notamment grâce au travail des 5 commissions : veiller, partager et produire des éléments destinés à faire évoluer le cadre nominatif et réglementaire. L’association fédère plus de 110 membres et 15 000 affiliés répartis en 3 collèges, pour rassembler tous les acteurs de la filière agrivoltaïque Agriculture, Énergie, Technologies agrivoltaïques.

Photo-montage de la rédaction. Les scénarios R1 et R2 sont ravageurs pour la filière solaire puisqu’ils s’appuient sur un rythme de développement du photovoltaïque très inférieur au niveau actuel de progression de la filière (près de 6 GW en 2025).

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