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Enerplan plaide pour un mix électrique avec 10% d’énergie solaire d’ici 2028

« Les annonces ministérielles sont un excellent signal pour la filière solaire », a réagi Daniel Bour, président d’Enerplan, aux propositions de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire et en charge de l’énergie la semaine dernière (voir notre article). Quelques jours auparavant, Sébastien Lecornu, secrétaire d’état à la transition écologique et solidaire, avait, pour sa part, annoncé la création d’un groupe de travail pour le solaire*, dont l’objectif serait de « simplifier les règles pour libérer les énergies renouvelables ».

Financée par l’Europe dans le cadre du Plan Juncker, la centrale photovoltaïque de 12 MWc de la Découverte à Decazeville réalisée par le groupe Valeco avec des acteurs locaux a été inaugurée le 17 novembre dernier.

Le ministre Nicolas Hulot avait dévoilé à la fois les 145 lauréats de l’appel d’offres PV Autoconsommation, et signalé qu’il portait le volume annuel des appels d’offres de 1,45 GW à 2,45 GW. Concernant l’AO, Enerplan souligne que, au-delà du nombre de projets montrant l’appétence pour ce type d’installations solaires, il est l’un des plus frugaux en contribution publique, avec des aides complémentaires de moins de 1 c€/kWh pendant 10 ans. Un montant si faible serait en effet la démonstration que le développement de l’autoconsommation a maintenant surtout besoin de simplification.

Eiffel Energy Transition : 100 M€ financent déjà 272 projets

L’annonce de Sébastien Lecornu avait, elle, été faite le 7 décembre dans le cadre d’un événement organisé pour saluer la performance du groupe Eiffel Investment dont le fonds Eiffel Energy Transition créé fin mars 2017 (voir notre article) pour financer les projets d’énergies renouvelables a récolté les 200 millions d’euros attendus trois fois plus vite que prévu. En fait, le fonds a aussi atteint son but aussi vite du fait d’un abondement de 40 millions d’euros provenant de l’Ademe, au titre du Programme des Investissements d’Avenir, ce qui représente l’engagement de l’état. Au bout de 8 mois d’activités, le fonds a déjà financé 272 projets d’EnR représentant une puissance de 129 MW portés par 11 développeurs pour un montant de 100 millions d’euros (mais avec 32 millions d’euros à décaisser en fonction de l’avancement des projets), dont 67% pour des projets solaires**. Conçu pour apporter une solution de financement inédite sous forme de prêts à court terme pour aider à passer le cap délicat du démarrage de la construction d’un projet en attendant que le financement de long terme prenne le relais, le fonds vise aussi des projets à l’international, portés par des sociétés françaises ou non. Ainsi, au 1er décembre 2017, 13% des montants attribués concernaient des projets en Europe, et 87% des projets en France. Pour le groupe Eiffel, son fonds permet aux porteurs de projets d’allouer leurs propres fonds au développement de davantage de projets. Il joue donc aussi un rôle d’accélérateur tout en apportant une vraie réponse à un besoin réel. D’ailleurs, quelque 216 millions d’euros de besoins de financements additionnels ont déjà été exprimés par une vingtaine de développeurs et sont dnc actuellement à l’étude.

Vers la libération du solaire … jusqu’à 40 GW en 2028 ?

« Enfin, nous avons été entendus. Nous pensons que ce groupe de travail pour le solaire se mettra en place en janvier avec des premières réunions dès février », nous a confié Daniel Bour d’Enerplan en marge de l’événement au ministère. « Je suis persuadé que le groupe de travail, que nous avons appelé de nos vœux, sera l’impulsion pour que l’énergie solaire atteigne 10% de la production électrique à horizon 2028 », précise le syndicat professionnel dans un communiqué de presse. Partant, 10% du mix électrique pour le solaire signifierait une multiplication par 5 du parc photovoltaïque actuel. La production d’énergie solaire n’a en effet représenté que 2% du bouquet électrique au premier semestre de cette année. Le parc PV français, qui a atteint 7,7 GW à fin septembre 2017 (voir notre article), devrait donc se développer à grande vitesse puisque l’objectif serait de monter à 40 GW d’ici 2028.

Selon Sébastien Lecornu, les thèmes de discussions du groupe de travail devraient porter notamment sur une simplification de la réglementation et sur des financements innovants. Les grands thèmes sont nommés, les détails restent à définir. Il n’est toutefois pas sûr que l’un des principaux souhaits d’Enerplan soit pris en compte. De fait, le seuil de déclenchement des appels d’offres à 100 kW est depuis longtemps considéré comme un frein au déploiement du solaire par le syndicat professionnel. Ce dernier interroge en effet la pertinence d’un mécanisme aussi complexe que les appels d’offre avec un seuil aussi bas que 100 kWc, alors même que le besoin d’aide publique est en diminution constante. S’il devait y avoir une véritable « libération des EnR », ce seuil devrait logiquement être porté bien au-delà. A titre de comparaison, l’Allemagne a fixé son seuil de déclenchement des appels d’offres à 750 kW pour les projets soumis aux AO depuis début 2017 (après 1 MW en 2015 et 2016 pour les seules centrales au sol). Enerplan souhaiterait passer le seuil de déclenchement des appels d’offre de 100 kWc à 1 MWc, ce qui, pour le syndicat professionnel, signifierait « l’essor du solaire avec la garantie d’un développement rapide à des coûts maintenant maîtrisés. »

*Un groupe de travail a été mis en place pour la filière éolienne il y a deux mois. Le ministère prépare donc une action similaire pour le solaire et aussi pour la méthanisation.

**La répartition des fonds se décline ainsi : 67% de solaire, 14% d’éolien, 7% de biomasse/gaz, 11% de cogénération et 1% d’hydroélectricité.

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